5 et 6 juillet 1809: Wagram

5 et 6 juillet 1809: Wagram
La bataille de Wagram, se déroula autour de l'île de Lobau sur le Danube les 5 et 6 juillet 1809 et eut pour résultat la victoire de la Grande Armée française, sous le commandement de Napoléon Bonaparte, sur l'armée autrichienne dirigée par l'Archiduc Charles.

Napoléon a fait préparer son attaque, notamment les ponts et les positions d'artillerie, car il veut cette bataille avant l'arrivée des troupes de l'archiduc Jean qui vient à marche forcée depuis l'Italie.

Alors que le soleil sèche la pluie de la veille Napoléon ordonne une attaque générale en balayage. Bernadotte fait avancer les Saxons sur le plateau de Wagram haut de quelques mètres. Lorsqu'ils parviennent à la crête, la deuxième vague, constituée par les Italiens de Macdonald, prend ces uniformes blancs pour ceux de l'Autrichien, et tirent sur eux. Les Saxons, pris entre deux feux, reculent vers les forces de Macdonald qui croient à une charge et le désordre s'installe. Oudinot, resté en pointe, doit reculer pour s'aligner sur la nouvelle ligne. Les positions se stabilisent pour la nuit.

Au petit matin du 6 juillet la canonade avec 1 100 pièces d'artillerie sur 15 km se déchaîne. Les Autrichiens attaquent et progressent le long du Danube, menaçant le pivot de l'île Lobau. Mais la plus formidable batterie commandée par Drouot de plus de cent pièces de campagne les foudroit. À 18 h l'archiduc Charles est obligé d'ordonner la retraite. La cavalerie française, épuisée et dispersée, ne peut pas poursuivre.

La bataille de Wagram décida de la fin de la guerre de la cinquième coalition. Le général Lasalle y perd la vie. (Décidément, ils n'ont pas eu de chance face à Napoleon et son armée. Il faut savoir qu'à Austerlitz, l'archiduc Charles remontait d'Italie mais n'avait pas pu se battre, étant arrivé trop tard. L'archiduc Jean a été battu pendant la campagne d'Allemagne, lors de la 3e coalition. )
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# Posté le jeudi 31 août 2006 10:21

1796-1797: Campagne d'Italie

En 1795, le Directoire décida que les armées des généraux Jourdan et Moreau iraient combattre les Autrichiens sur le Main et le Danube, tandis que Napoléon Bonaparte, nommé général en chef de l'armée d'Italie le 2 mars 1796, attaquerait les Austro-Sardes dans la vallée du Pô. L'armée d'Italie ne devait, en fait, servir que de diversion pour que l'Autriche se mobilise en Italie. Cette armée ne devant pas être victorieuse, elle fut mal équipée et mal nourrie, et ne devait recevoir aucun renforts.

Bonaparte prit son commandement de l'armée d'Italie, à Nice, le 27 mars 1796. Elle comprenait 30 000 hommes. Le propre général est reçu avec défiance par la troupe qui ne le connaît que comme l'auteur d'une fusillade contre la foule lors de l'écrasement de l'insurection royaliste le 5 octobre 1795. Les officiers sont jaloux d'être commandés par un si jeune général. Dès son arrivée, il sut trouver les mots qui galvanisèrent les troupes mal nourries et mal vêtues de la France révolutionnaire ruinée. Commencée au col de Cadibone, qui sépare les Alpes des Apennins, pour se terminer un an plus tard à l'autre extrémité des Alpes, la campagne allait être fulgurante.

La principale difficulté de la campagne consistait dans la disjonction des armées piémontaise et autrichienne avec, ensemble, 70 000 hommes ; la première, commandée par Giovanni Provera et Luigi Colli, et l'autre par Pierre Nicolas Merle-Beaulieu et Argenteau.

Ce but fut atteint par une man½uvre savante et inattendue : Napoléon Bonaparte fond d'abord avec toutes ses forces sur Argenteau qui commandait le centre de l'armée ennemie situé à Montenotte le 12 avril (victoire des généraux Masséna et Laharpe sur Argenteau), et le rejette sur Dego et Sassello.

Pour les séparer, il culbuta l'armée adverse à la Bataille de Millesimo le 13 (victoire de Augereau sur le corps de Provera).

Beaulieu, apprenant les désastres du centre, se retire avec précipitation sur Acqui. Provera est fait prisonnier à Cosseria ; les Piémontais, défaits à Montezemolo et à Mondovi le 22 avril (victoire de Bonaparte sur le baron Luigi Colli), chassés de Ceva, fuient sur la route de Turin.

Ces divers combats qui durèrent six jours, eurent pour résultats la prise de quarante pièces de canon, la mise hors de combat de 12.000 Autrichiens, la possession des forteresses de Coni, de Ceva, de Tortone, d'Alexandrie : l'occupation presque totale du Piémont, évacué par les Autrichiens ; ce qui mit le roi de Sardaigne dans la nécessité de demander la paix au gouvernement de la République française. Les Sardes, effrayés, demandèrent un armistice le 26 avril (armistice de Cherasco).

Dans la campagne suivante, le général victorieux, maître de son armée, conçoit le projet de faire la conquête de la Lombardie

Par le traité de paix conclu à Turin avec la cour de Sardaigne, le général français avait eu la précaution de se faire céder le «pont de Valence» (Las Cases cite ainsi la commune de Valenza), prévoyant que l'occupation de ce poste attirerait l'attention de l'ennemi et lui ferait prendre le change, tandis qu'il irait de son côté forcer le passage du Pô sur un autre point. Se rejetant ensuite sur les Autrichiens, Bonaparte passa le Pô vers la ville de Plaisance pour entamer la campagne contre Beaulieu en Lombardie. Le duc de Parme déposa les armes le 9 mai.

De là, il marche rapidement sur Lodi : un pont long et étroit jeté sur l'Adda, qui baigne les murs de la place, est franchi malgré le feu meurtrier de la mitraille des Autrichiens qui défendaient ce passage difficile et dangereux. Napoléon repoussa les Autrichiens au pont de Lodi le 10 mai (victoire sur Beaulieu).

Lodi est enlevé, et l'occupation de cette place assure à l'armée victorieuse la conquête de la haute Italie.

Mais le projet de porter la guerre en Allemagne par le Tyrol, qui est toujours l'idée dominante de Bonaparte ne peut s'effectuer avec sécurité tant que la forteresse redoutable de Mantoue sera au pouvoir de l'ennemi. La phase suivante de la guerre va se dérouler autour de Mantoue.

Le général fait ses dispositions pour exécuter les plans qu'il a combinés, et dont la réussite lui parait si certaine qu'il écrit au directeur Carnot.

Cependant le Directoire, surpris autant peut-être de l'audace de son général que jaloux de ses victoires, et prévoyant la haute destinée que ses succès semblaient lui promettre, prit la détermination de ne plus le laisser seul arbitre de la guerre et de la paix : ainsi donc, tout en le félicitant sur sa conquête du Piémont, il le remerciait avec affectation d'avoir abandonné au commissaire civil, Christophe Saliceti, le soin de traiter des préliminaires pour la paix, laissant entrevoir le mécontentement que lui avaient causé les armistices qu'il s'était permis de conclure lui-même avec les généraux piémontais et le duc de Parme.

Bonaparte apprit en même temps qu'on avait le projet de diviser le commandement de l'armée d'Italie entre lui et le général François Christophe Kellermann. Cette nouvelle l'affecta singulièrement. Il écrivit confidentiellement au directeur Carnot. Il écrit au Directoire.

Sur ces entrefaites, André Masséna s'empare de Milan, et Bonaparte y fait son entrée solennelle le lendemain ; et ce jour même, est signé à Paris, un traité de paix par lequel la Savoie, Tende, Nice et autres places, sont enlevées au roi de Sardaigne et passent sous la domination de la France.

Peu de jours après, le Directoire, cédant aux raisons et aux instances de Bonaparte, lui abandonne sans partage la conduite des affaires d'Italie.

De ce moment date la haute influence que cet homme extraordinaire va exercer sur les affaires, tant civiles que militaires de Milan, qu'il occupe en souverain. Il poursuit l'exécution des clauses qui sont convenues avec le Piémont, conclut des traités avec Rome, Naples et le duché de Parme ; il comprime en personne les mouvements de la Lombardie, qui vient de se révolter et il contient dans leur neutralité les états de Gênes et de Venise. Il sait bien que ces républiques sont fort mal disposées pour la France, mais il juge sagement que le temps de les faire s'expliquer plus ouvertement n'est pas encore venu.

Enfin, le château de Milan, qui avait résisté jusque-là, tombe dans les mains françaises, et le vainqueur en tire 150 pièces de canon qu'il fait diriger sur Mantoue. D'autres équipages de siège pris à Bologne, Ferrare, le fort d'Urbin, sont conduits par ses ordres vers le même point. Beaulieu, avant de quitter l'Italie, avait eu le temps de jeter 13.000 hommes dans la place, et 30.000 Autrichiens, détachés de l'armée du Rhin, accouraient pour la secourir.

Enfin, Wurmser est à la tête de 60.000 hommes pour faire lever le siège, et Bonaparte n'en a pas 40.000 à lui opposer ; sa position était fort embarrassante, ayant à combattre, d'un côté, contre une armée d'un tiers plus forte que la sienne ; et, de l'autre, à contenir une forte garnison, et garder en outre, tous les passages du fleuve, depuis Brescia jusqu'à Vérone et Legnano.

Le général en chef autrichien commet la faute grave de diviser ses forces en deux corps : 35.000 hommes sous ses ordres marchent droit sur Mantoue par la vallée de l'Adige, tandis que Quasdanovich marche avec 25.000 hommes sur Brescia.

Bonaparte profite habilement de la faute de ses adversaires : il quitte brusquement le siège de Mantoue (début du siège le 18 juillet 1796), et laisse devant la place sa grosse artillerie, concentre ses troupes à Roverbella, tombe sur Quasdanowich, le bat successivement à Salò et Lonato (3 août), et le force à se réfugier dans les montagnes du Tyrol. Cet heureux succès obtenu, il court sur Wurmser, le bat complètement à la Bataille de Castiglione (5 août), passe le Mincio en sa présence et le rejette dans le pays de Trente (Italie).

Ces divers combats, qui durèrent de puis le 1er jusqu'au 5 août, et que, pour cela, les Français appelèrent la bataille des cinq jours, coûtèrent à l'Autriche plus de 20.000 hommes et 50 pièces de canon.

Bonaparte, après ses avantages, se met à la poursuite de Quasdanowich, l'atteint, le bat à Serra-Valla, Ponte-San-Marco, Roveredo, et dans les gorges de Caliano.

Cependant Wurmser avait repris le chemin de Mantoue, et son armée filait par les gorges de Brenta. Bonaparte, qui a prévu ce mouvement, abandonne le Tyrol et va se montrer aux Autrichiens à Bassano (8 septembre), aux gorges de Primolano, au fort de Cavalo.


Wurmser à Mantoue [modifier]
Néanmoins Wurmser, séparé encore une fois du corps de Gnosdanovich, trouve enfin le moyen d'entrer dans Mantoue. Cette place, dont la garnison vient de recevoir un renfort si considérable, semble pouvoir soutenir victorieusement les attaques des assiégeants, d'autant plus qu'une nouvelle armée arrivait pour la secourir. L'Autriche, victorieuse sur le Rhin, résolut de reprendre à tout prix les possessions qu'elle avait perdue en Italie et de faire lever le siège de Mantoue.

Une nouvelle armée autrichienne surgit, commandée par Alvinczy, général expérimenté : elle est chargé d'aller faire cette conquête à la tête de 45.000 hommes. Ce général commet la même faute que Wurmser : il partage ses forces : il laisse 15.000 hommes à Davidovitch, avec ordre de descendre les vallées de l'Adige, et lui-même se dirige sur Mantoue, par le Véronnais, avec 30.000 hommes.

Dans ce moment, le général français, affaibli par les combats et les garnisons qu'il a dû laisser dans les forteresses qu'il a prises, ne peut disposer que de 33.000 hommes ; mais, par la hardiesse de ses mouvements, par les savantes dispositions qu'il sait prendre à propos, il supplée avantageusement à l'insuffisance de ses moyens.

Les Français perdirent du terrain face à Alvinczy à Bassano (9 novembre) et face à Davidovitch à Calliano (12 novembre).

Au moment où l'on s'y attend le moins, il abandonne le blocus, place 3.000 hommes à Vérone, se porte rapidement sur Ronco, jette un pont sur l'Adige, le traverse avec l'armée, et prend le chemin d'Arcole, lieu devenu célèbre à jamais par l'action meurtrière que les deux armées se livrèrent dans ses environs.

Napoléon
par Antoine-Jean GrosLes français prendront leur revanche à San Massimo all'Adige hameau de Vérone (victoire de Caldiero) et à la Bataille du pont d'Arcole (15 au 17 novembre).

Désespérant de réussir sur ce point, il prend la résolution de retourner à Ronco et dérobe sa marche à Alvinzi. Il fait allumer des feux sur la chaussée d'Arcole, et, le lendemain, il se trouve libre de livrer bataille à celui des trois corps autrichiens qu'il lui plaira ; il choisit le plus fort, celui d'Alvinzi, qu'il repousse au delà de Vicence, après lui avoir tué 5.000 hommes, fait 8.000 prisonniers, et pris 30 pièces de canon.

Le général Joubert, quant à lui, vainc Davidovitch le 19 novembre à Campara, et l'oblige à se réfugier dans le Tyrol. Wurmser qui commande le troisième corps, n'a que le temps de rentrer dans Mantoue, où il se voit de nouveau bloqué par Sérurier.

Voir l'article Bataille de Rivoli.
Cependant les Autrichiens, ne désespèrent pas, malgré leurs nombreuses défaites, de faire tourner la fortune en leur faveur. Alvinzi et Provera descendent tout à coup du Tyrol à la tête d'une armée nouvelle et nombreuse. Provera se dirige sur Mantoue avec 12.000 hommes ; Alvinzi, avec le gros de l'armée, se met à la poursuite de Joubert, qui se retire sur Rivoli : Bonaparte, qui n'avait que 20.000 hommes disponibles pour livrer bataille, donne ordre à Joubert de tenir ferme à Rivoli, et il va attendre l'ennemi derrière cette position.

Le général autrichien, trop confiant dans la supériorité de son armée, en détache une partie sous les ordres du général Lusignan, et il s'engage avec le gros de ses forces dans les vallées de l'Adige et de la Carona, dont le plateau de Rivoli est le n½ud.

Il s'empare de ce plateau, sur lequel il place 2.000 hommes ; mais au moment où il se croit maître de la division Joubert, il se voit coupé ; le plateau de Rivoli est pris, et ceux qui le gardaient mettent bas les armes. Enfin la colonne de Lusignan vient attaquer l'armée française sur ses derrières : elle est prise presque en entier par Masséna avec son général.

Le 16 janvier, Bonaparte gagna sur Provera aux portes de Mantoue. Wurmser est repoussé dans Mantoue, et dix-sept jours après, ayant vu détruire sous ses murs les restes de la quatrième armée autrichienne, il se voit dans la nécessité de capituler le 17 janvier. Ces succès de Bonaparte sont encore rehaussés par les revers subis à la même époque par Jean-Baptiste Jourdan et Jean Victor Marie Moreau, ainsi que par les millions envoyés d'Italie au Directoire.

Les batailles de Rivoli et de la Favorite, et la prise de Mantoue, coûtèrent, en trois jours, à l'Autriche, 45.000 hommes tués ou faits prisonniers et 600 bouches à feu.

Le général en chef, pour punir le pays d'avoir enfreint l'armistice de Bologne, lui impose le traité de Tolentino.

En moins de douze mois, à l'âge de 28 ans, Bonaparte a détruit quatre armées autrichiennes, donné à la France une partie du Piémont, fondé deux républiques en Lombardie, conquis toute l'Italie, depuis le Tyrol jusqu'au Tibre, signé des traités avec les souverains du Piémont, de Parme, de Naples, de Rome.

Le grand guerrier et le grand politique marchent de front. Toute la France a les yeux sur Bonaparte et ne regarde que lui ; le Directoire, dont il a éclipsé la considération et le pouvoir, l'invite plutôt qu'il ne lui commande, à poursuivre ses conquêtes et à marcher sur la capitale de l'Autriche.

Cette puissance, attérée par la chute de Mantoue et se voyant menacée dans ses propres États, ordonne à l'archiduc Charles d'aller, avec l'élite de l'armée qu'il commande, sur le Rhin, s'opposer en Italie aux progrès de Bonaparte.

Celui-ci, apprenant la marche de son noble adversaire, fait mettre en mouvement une armée de 53.000 hommes, à laquelle s'étaient réunies la division Delmas et la division Bernadotte

Continuant sur sa lancée, le conquérant chercha à gagner Vienne. Bonaparte, à la tête d'une division de 37.000 hommes, emporte Tarri. Il passa la Piave. Il envoie trois autres divisions forcer le passage du Tagliamento, défendu par l'archiduc en personne : elles obtiennent l'avantage. Elles passent le col de Tarvis sans que les Autrichiens de l'archiduc Charles puissent l'arrêter (mouvement du 1er au 21 mars).

Elles poursuivent ce prince sur l'Isonzo, et s'emparent de l'importante forteresse de Palmanova ; et vingt jours plus tard, l'archiduc, ayant perdu le quart de son armée, est obligé de se retirer sur Saint-Weith et sur la Muhr.

Cependant, Bonaparte avait détaché 16.000 hommes sous la conduite du général Joubert, qui culbute les généraux Alexis Laudon et Kerpen et force tous les défilés du Tyrol, pendant que Bernadotte marchait sur Leybach.

Enfin, le 31 mars, un an après son départ de Nice, le vainqueur, arrivé à Klagenfurth, a la générosité d'offrir la paix à l'Autriche, qui, d'abord, a l'insolence de la refuser. L'armée républicaine se remet en marche. Masséna force les défilés de Neumarkt (aujourd'hui Egna), s'empare de la position d'Hunsdmark.

Le moment approchait ou une grande bataille allait décider du sort de Bonaparte et de celui de la maison d'Autriche ; mais deux ennemis se rendirent au quartier général français, et le 7 avril un armistice est accordé à Indenburg, et le 15, les préliminaires de la paix sont convenus à Leoben. Les Français sont à cent kilomètres de Vienne lorsque des pourparlers de paix furent entamés avec Merveldt.

La dépêche du 19 avril, qui apprend au Directoire la signature des préliminaires, lui révèle aussi toute l'indépendance de son général, et peut lui donner des craintes sur un avenir que sa politique inquiète et jalouse n'a pas deviné.

Bonaparte ne demanda pas d'instructions au Directoire. Dès ses premières victoires, il montra son indépendance en faisant la loi en Lombardie.

Pendant que Bonaparte marchait sur Vienne par les défilés de la Carinthie, les nobles et le clergé vénitiens levaient des troupes pour l'empêcher de rentrer en Italie ; et tandis qu'il stipulait à Léoben la cessation de l'effusion du sang, le meurtre des Français commandé par le Sénat, était prêché dans toutes les églises. La deuxième fête de Pâques, au son des cloches, tous les Français qui se trouvaient à Vérone sont égorgés. Ce crime sera à jamais connu sous le nom de Pâques vénitiennes.

De tels attentats ne pouvaient rester impunis : l'aristocratie vénitienne est détruite, et le lion de Saint-Marc renversé, pour toujours, par celui qui sera nommé réellement le libérateur de l'Italie. Le 16 vendémiaire an VI (7 octobre 1797), Bonaparte signa le traité de Campo-Formio par lequel l'Autriche donne à la République la possession des Pays-Bas autrichiens et renonce au Milanais, et s'engage à reconnaître à la France les territoires de la rive gauche du Rhin. La première coalition fut dissoute. Seule la Grande-Bretagne ne déposa pas les armes.
Après la concession de ce traité, Bonaparte, vainqueur et pacificateur, reçut ordre d'aller présider au congrès de Rastadt la légation française. Il y signa, avec le comte de Cobentzel, la convention militaire relative à l'évacuation respective des deux armées.

Enfin, Bonaparte quitta Rastadt pour venir triompher à Paris ; il y fut reçu avec un enthousiasme extraordinaire. Le Directoire fut justement effrayé de cette puissance de gloire qu'il ne pouvait braver, ni récompenser dignement. Cependant, comme il ne pouvait se dispenser de s'associer d'une manière quelconque au triomphe du vainqueur de l'Italie, il se décida à lui donner, dans la cour du palais du Luxembourg, une fête extraordinaire ; la pompe qu'il déploya dans cette occasion ne trompa personne, ni celui qui en était l'objet, ni la portion éclairée des spectateurs.

Cette fête eut lieu le 20 frimaire (10 décembre 1797), en présence de presque tous les ambassadeurs des puissances armées. La vaste cour du Luxembourg offrait, entre autres ornements, les drapeaux conquis par l'armée d'Italie, groupés et formant comme un dais au-dessus des cinq directeurs ; ils étaient pour eux, ce que justifièrent les événements, l'épée de Damoclès.

Bonaparte, en remettant solennellement au pouvoir exécutif le traité de Campo-Formio, prononça un discours:

Quelques jours après, le héros fut fêté avec non moins d'éclat par les Conseils, dans la grande galerie du Musée, et le département donna le nom de Victoire à la rue Chantereine, dans laquelle il avait sa maison. L'Institut le choisit pour remplacer Carnot, alors proscrit comme royaliste.

Les lettres, les arts s'empressaient autour de lui ; le royaliste de Bonald lui offrit un de ses livres, et le républicain Jacques Louis David son pinceau.

L'ivresse, exaltait toutes les têtes ; aux théâtres et dans tous les lieux publics, on n'entendait que le cri de Vive Bonaparte !

Cependant, pour donner de l'aliment à son activité naturelle et un peu de repos à la reconnaissance chagrine du Directoire, Bonaparte partit pour aller inspecter son armée dite d'Angleterre, dont il avait été nommé généralissime quelque temps auparavant. Après avoir parcouru les côtes du Nord, de la Normandie et de la Bretagne, il revint à Paris, rempli d'un projet qui devait l'affranchir de la méfiance du Directoire et de la nullité d'un commandement dérisoire qui ne lui avait été donné que pour le tenir éloigné des affaires et dans l'inaction.

Ce projet avait pour but l'expédition d'Égypte ; l'idée de cette expédition lui était venue au milieu de ses triomphes en Italie : il s'en était ouvert, assure-t-on , au savant Gaspard Monge, lors de son séjour à Milan.

À son retour de l'inspection des côtes de l'Océan, bien convaincu de la nullité du commandement qu'on lui avait donné sous le nom de général de l'armée d'Angleterre, et comprenant fort bien qu'il serait presque impossible d'étendre la guerre sur le territoire de cette puissance, entourée quelle est de mers de tous côtés, il conseilla au Directoire de l'attaquer dans ses possessions de l'Inde, contre lesquelles il serait long sans doute, mais aisé pourtant de mener une armée par terre.
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# Posté le mardi 29 août 2006 18:10

Modifié le mercredi 30 août 2006 04:22

Mort de Napoléon

Le 1er mai 1821, il s'était levé ; mais une faiblesse l'obligea à se faire recoucher. Il avait fait placer en face de son lit le buste de son fils, sur lequel il avait constamment les yeux fixés. Le 3 mai, les symptômes devinrent plus alarmants. Le 4 mai, on eut quelque espoir. Le lendemain, 5 mai, à sept heures du matin, on l'entendit balbutier

France... France... Ce furent les derniers mots qu'il prononça. À six heures du soir, au moment où le soleil quittait l'horizon, Napoléon croisa les bras avec effort, et prononça les mots tête... armée... jeta un dernier regard sur le buste de son fils et expira, étant âgé de cinquante et un an, sept mois, vingt jours. Napoléon est mort le 5 mai 1821. Le lendemain, le gouverneur de l'île, sir Hudson Lowe, bien qu'en perpétuel conflit avec son ancien prisonnier, venant en personne s'assurer de la mort de Bonaparte, a déclaré alors à son entourage : « Hé bien, Messieurs, c'était le plus grand ennemi de l'Angleterre et le mien aussi ; mais je lui pardonne tout. À la mort d'un si grand homme, on ne doit éprouver qu'une profonde douleur et de profonds regrets. »

D'après le désir qu'avait manifesté Napoléon, son corps fut ouvert afin de constater la cause physique de sa maladie, et de profiter dans la suite de ce document dans le cas où son fils serait attaqué de quelque incommodité offrant des analogies avec le mal qui était sur le point de l'emporter lui-même : car Napoléon était persuadé qu'il mourrait d'une maladie semblable à celle qui avait enlevé son père Charles Bonaparte.

Avant de refermer le cadavre, on en tira le c½ur et l'estomac, que l'on renferma dans des coupes d'argent contenant de l'esprit de vin.

L'opération terminée, le corps fut revêtu de l'uniforme des chasseurs à cheval de la garde impériale, orné de tous les ordres que le défunt avait créés ou reçus pendant son règne, après quoi il fut placé sur le lit de fer qu'il avait coutume de faire porter à sa suite dans ses campagnes ; le manteau bleu brodé en argent qu'il portait à la bataille de Marengo lui servait de drap mortuaire.
Mort de Napoléon

# Posté le mardi 29 août 2006 17:17

Tombeau de Napoléon

Napoléon demanda à être enterré sur les bords de la Seine, auprès du peuple français qu'il a tant aimé, mais lorsqu'il mourut en 1821 il fut inhumé à Sainte-Hélène.

Dix-neuf ans après la mort de Napoléon, le roi Louis-Philippe Ier a pu obtenir du Royaume-Uni la restitution des cendres de l'ex-empereur. L'exhumation du corps de Napoléon eut lieu le 15 octobre 1840. Son corps fut rapatrié triomphalement à Paris enterré aux Invalides, dans un sarcophage en porphyre (don de la Russie à la France).
Tombeau de Napoléon

# Posté le mardi 29 août 2006 17:12

14-15 janvier 1797: Rivoli

14-15 janvier 1797: Rivoli
La bataille de Rivoli a eut lieu le 14 et 15 janvier 1797 aux environs de Rivoli Veronese dans le nord de l'Italie, entre l'armée française et l'armée autrichienne. Elle s'inscrit dans la suite de batailles livrées pendant le siège de Mantoue, mené par l'armée d'Italie du général français Bonaparte et les armées autrichiennes envoyées pour délivrer la ville.

Après la victoire d'Arcole, le général autrichien Alvinczy, trouvant que cette dernière victoire de Bonaparte avait été chanceuse et que les effectifs français sont bien inférieurs aux siens (80 000 Autrichiens et moins de 50 000 Français) décide d'attaquer pour soulager Mantoue assiégée.

Bonaparte a distribué ses troupes à moins de trois jours de marche de la région de Mantoue, Rivoli et Vérone.

Alvinczy avec 28 000 hommes attaque Joubert à la tête de 10 000 hommes, le 12 janvier 1797. Ce dernier se replie sur le plateau de Rivoli où il est rejoint par Berthier et par Bonaparte à 2 heures du matin le 14 janvier. On comprend que le général autrichien a fait l'erreur de diviser ses forces. Joubert reçoit l'ordre de reprendre la chapelle de San Marco, et à il attaque 4 heures du matin (le lever du jour à l'époque).

Mais les Français du corps de Joubert sont presque défaits, quand à 9 heures, après douze heures d'une marche forcée, la division de Masséna arrive sur le champ de bataille et retourne la situation. À 11 heures, les Français se replient à nouveau et la division autrichienne de Quasdanovich arrive à son tour sur le plateau, mais les soldats autrichiens, pris d'une terreur panique, reculent. Le 15 janvier, Joubert renouvelle l'attaque et poursuit les ennemis défaits.

Bonaparte est libre d'achever le siège de Mantoue.

Anecdote : Napoléon appellera Masséna, qui a fait 140 km en deux jours
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# Posté le lundi 28 août 2006 18:24