LANNES Jean

LANNES Jean
Jean LANNES

(1769-1809)

Duc de Montebello
Maréchal de France

"Le Roland de l'Armée d'Italie"
"L'Achille de la Grande Armée"



Né à Lectoure (Gers), le 10 avril 1769. Fils d'un garçon d'écurie.
Apprenti teinturier.
Bataillon de volontaires du Gers, en 1792.
Nommé sous-lieutenant, sous les ordres du général de Laterrade.
Général en 1795
Épouse Paulette Méric le 19 mars 1795.
Il se rengage en 1796, dans l'armée d'Italie. Napoléon le rétablit dans son grade.
Bataille de Dego, le 15 avril 1796.
Bataille de Lodi, le 10 mai 1796.
Lannes commande les 6ème et 7ème bataillons de grenadiers, 4ème bataillon de carabiniers.
Arcole, 14-15 novembre 1796, il est blessé de deux balles.
Bataille de Rivoli, 14 janvier 1797.
Nommé général de brigade en 1797. Il devient ami avec Bonaparte.
Prise de la ville d'Imola.
Bonaparte l'envoie pour régler le traité de Tolentino avec le Pape, il restaure l'ordre dans les Etats.
A Marseille en octobre 1797 pour combattre les royalistes.
Campagne d'Egypte.
Bataille des Pyramides.
Prise de Jaffa, le 3 mars 1799.
Le 17 mars prise de Haïfa.
Siège de Saint-Jean d'Acre, du 19 mars au 20/21 mai. Il est sévèrement blessé.
Promu général de division, le 10 mai 1799.
Bataille d'Aboukir, 25 juillet 1799. Il rentre en France avec Bonaparte
Participe au coup d'État du 18 Brumaire.
Il commande la Garde consulaire. Il en est l'inspecteur Général.
Divorce le 25 juillet 1799 (pour cause d'infidélité de sa femme).
Seconde campagne Italienne. Il commande l'avant-garde.
Bataille de Montebello, le 9 juin 1800.
Marengo le 14 juin 1800. Il reçoit un sabre d'honneur des consuls.
Épouse Louise Antoinette Guéheeneuc le 15 septembre 1800 (5 fils).
Ministre plénipotentiaire au Portugal en 1802.
Il est promu maréchal de France, le 9 mai 1804.
Campagne d'Autriche. Il commande le 5e corps.
Austerlitz le 2 décembre 1805. Il commande l'aile gauche.
Campagne de Prusse, en 1806.
Bataille de Saafeld, il défait le Prince Ludwig de Prusse.
Bataille de Iéna le 14 octobre 1806. Il commande le centre de la Grande Armée.
Bataille de Pultusk, le 26 décembre 1806, il est blessé.
Bataille de Friedland, le 14 juin 1807.
Nommé Colonel Général des Suisses en 1807.
En 1808, il est en Espagne.
Il est nommé duc de Montebello le 15 juin 1808.
Victoire de Tulda, novembre 1808.
Prise de Saragosse en février 1809.
Il reste en Espagne jusqu'en 1809.
Campagne d'Autriche. Commande un Corps provisoire puis le IIe Corps.
Bataille d'Eckmühl, le 22 avril 1809.
Siège de Rastibonne.
Bataille d'Amstetten.
Mortellement blessé à Essling, ^22 mai 1809.
Meurt neuf jours après à Vienne, amputé de la jambe gauche, le 31 mai 1809.
Ses restes sont au Panthéon en 1810.



- Il fut sans doute le meilleur ami de Napoléon. Son courage était légendaire.
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# Posté le samedi 03 juin 2006 10:39

Joachim Napoléon MURAT

Joachim Napoléon MURAT
Joachim Napoléon Murat

(1767-1815)

"Le Roi Franconi"
"l'abbé à la belle jambe"


- Né à La Bastide-Fortanière (Labastide-Murat aujourd'hui)(Lot), le 25 mars 1767. Le dernier d'une famille de 12 enfants. Des parents Aubergistes.
- A l'age de 12 ans, Il commence ses études au collège Saint-Michel à Cahors, puis au séminaire des Lazaristes à Toulouse.
- Le 23 février 1787, il s'engage au régiment de chasseurs des Ardennes de passage à Toulouse..
- En 1789, il est nommé sergent. Mais suite à une affaire de mutinerie il est renvoyé de l'armée.
- Il rentre à la Bastide. Il devient commis chez une épicier.
- En 1791, il est réintégré dans l'armée comme simple soldat..
- Nommé sous-lieutenant le 30 mai 1791
- Le 8 février 1792, il est choisi pour être garde à cheval dans la garde constitutionnelle.
- En 1794 il est à Paris
- Le 13 Vendémiaire, il conduit l'artillerie et aide ainsi à étouffer l'insurrection. Cette affaire le lie fortement à Bonaparte.
- Nommé chef de brigade le 2 février 1796 et aide de camp de Bonaparte.
- Campagne d'Italie en 1796
- Il ramène les drapeaux pris à l'ennemi au Directoire.
- Il revient avec le grade de général de brigade.
- Il participe au siège de Mantoue.
- Bonaparte l'envoie au Congrès de Rastadt.
- Le 17 mai 1798, Campagne d'Égypte, il commande une brigade de cavalerie.
- Prise d'Alexandrie le 2 juillet 1798.
- Bataille des Pyramides, le 21 juillet 1798.
- Siège d'Acre en 1799.
- Bataille d'Aboukir le 25 juillet 1799, il capture Pasha Mustapha. Il est blessé.
- Général de division à la demande de Bonaparte.
- Il devient très populaire
- Le 9 octobre 1799, il est de retour en France.
- Le 18 brumaire, il joue un rôle essentiel dans le coup d'état.
- Épouse Caroline Bonaparte en janvier 1800 (2 fils, 2 filles).
- Nommé commandant en chef de la garde des consuls.
- Campagne d'Italie
- Bataille de Marengo
- Nommé lieutenant du général en chef Brune, commandant l'armée d'Italie.
- Le 22 février 1801, il arrive à Rome, il rencontre le pape.
- En 1802, nommé général en chef des troupes françaises qui occupent la république italienne.
- Gouverneur de Paris le 15 janvier 1804
- En mars 1804, Il préside la commission militaire qui juge le duc d'Enghien.
- Maréchal de France en 1804.
- Le 1er février 1805, il est crée Prince et grand-amiral de France. Il est fait sénateur "avant l'âge".
- Campagne d'Autriche. Il commande la cavalerie.
- Bataille d'Ulm les 15-20 octobre 1805
- Austerlitz le 2 décembre 1805.
- Grand-duc de Berg et de Clèves le 15 mars 1806
- Bataille de Leipzig en 1806
- Iéna le 14 octobre 1806
- Bataille de Lübeck, Blücher capitule.
- Il entre à Varsovie le 28 novembre 1807.
- Bataille d'Eylau le 8 février 1807. Il commande la cavalerie. Épisode de "la charge des 80 escadrons".
- Le 20 janvier 1808, lieutenant général en Espagne.
- Madrid, il réprime de manière sanglante une insurrection le 2 mai 1808.
- Il organise l'exode de Ferdinand VII de de Charles IV à Bayonne.
- Roi de Naples en 1808.
- A Naples, il introduit des réformes et organise une armée.
- Campagne de Russie en 1812, il commande la Cavalerie
- Bataille de Borodino, le 7 septembre 1812.
- Il est presque fait prisonnier à Taroutino, le 18 octobre 1812
- En décembre, Napoléon lui laisse le commandement de la Grande Armée
- A Vilna, le 16 janvier 1813, il perd la tête, abandonne la Grande Armée et part pour Naples.
- Campagne de 1813, il commande l'armée du Sud.
- Bataille et défaite de Leipzig le 16-17 octobre 1813
- Il retourne dans son royaume.
- En janvier 1814, il signe un traité avec l'Autriche.
- Pendant les Cent-jours, Murat déclare la guerre à l'Autriche dès qu'il apprend que l'Empereur est de retour.
- Il occupe Rome, Ancône et Bologne.
- A Rimini, il appel à l'unification de l'Italie.
- Défaite de Tolentino, les 3 et 4 mai 1815, encerclé par les les autrichiens, dirigé par Neipperg.
- Le 19 mai 1815, Murat doit fuir Naples, Ferdinand IV regagne son trône.
- Il arrive en France, mais Napoléon refuse de le voir. Il se cache à Toulon.
- En Corse, il espère reconquérir son trône.
- Il débarque à Pizzo en Calabre, il est fait prisonnier par des gendarmes.
- Le roi Ferdinand IV prescrit de réunir une commission militaire pour le juger. La sentence est la mort.
- Il est fusillé le13 octobre à Pizzo (Italie), en 1815.
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# Posté le samedi 03 juin 2006 10:34

Antoine Charles Louis Lasalle

Antoine Charles Louis Lasalle
Antoine-Charles-Louis de Lasalle, Comte de, est né à Metz le 10 mai 1775, dans une famille de petite noblesse. Son grand père était Abraham Fabert, un maréchal de France. Il fut hussard et général, et le chef de la brigade infernale. Il est mort au combat, le 6 juillet 1809, à la bataille de Wagram.


Il entre à l'armée à onze ans et est sous-lieutenant en 1786 au 24e régiment de cavalerie. Dont il démissionne en 1792, après avoir perdu son grade du fait de ses origines nobles. Mais il s'engage bientôt dans le bataillon parisien de la section des Piques et rejoint l'armée du Nord en 1793 en tant que simple volontaire du 23e régiment de chasseurs à cheval. Aide de camp et protégé de Kellermann, Lasalle retrouve son galon de lieutenant en 1795.

Avec le fils de ce dernier, il part alors pour l'Italie et accomplit de nombreux exploits pendant la campagne, notamment à Vicence, où n'hésitant pas à aller "fourrager" , avec quelques hussards, derrière les lignes autrichiennes, il rapporte à Napoléon Bonaparte des renseignements militaires d'une importance telle, que le général en chef le nomme aussitôt chef d'escadron, le 6 janvier 1797. A Rivoli, le 14 janvier, Lasalle capture un bataillon autrichien en entier.


Le 21 juillet 1798, à la bataille des Pyramides, il se couvre encore de gloire et il est nommé chef de brigade du 22e régiment de chasseurs à cheval. Il remonte le Nil avec Desaix, et participe, au coté de celui-ci, à la bataille de Salalieh, le 11 août, à une charge fantastique. À Redemeh, il sauve Davout en cassant son sabre sur la tête d'Osman-Bey, puis ses deux pistolets, ce qui ne l'empêche pas de poursuivre le combat!


En 1800, Lasalle revient en France et reçoit le commandement du 10e Hussards. Alors qu'il reçoit des mains de Napoléon Bonaparte, des pistolets et un sabre d'honneur. Il aurait eu ce mot célèbre : "tout hussard qui n'est pas mort à 30 ans est un Jean-Foutre". Devenu colonel, Lasalle fait figure d'"enfant terrible" dans la cavalerie légère et entretient soigneusement la réputation des hussards : grand amateur d'alcools forts, il fonde la Société des Assoiffés (ou des Altérés), une initiative qui fait jaser pendant un temps la bonne société parisienne.

En 1803, pourtant, Lasalle s'assagit lorsqu'il se marie à Joséphine d'Aiguillon. Général de brigade en 1805, il multiplie en 1806 les actions spectaculaires à la tête de sa "brigade infernale" composée du 5e et du 7e régiment de hussards : il capture ainsi les gendarmes de la garde du roi de Prusse, il force Hohenlohe à la capitulation à Prentzlow ; il prend d'assaut la forteresse de Stettin avec 500 cavaliers seulement, utilisant des simulacre de canons en bois. Il contraint Blücher à se rendre à Lübeck. Général de division, il sauve la vie de Murat à la bataille d'Heilsberg (1807), qui en fait de même à son tour.


Lasalle est ensuite élevé à la dignité de comte d'Empire et envoyé en Espagne, sous les ordres de Jean-Baptiste Bessières. Il ne tarde pas à s'illustrer à Medina del Rio Seco, le 14 juillet 1808, et à Medellin, le 28 mars 1809 où il sabre avec le 26e régiment de dragons, un carré de six mille fantassins espagnols. Au cours de la campagne d'Allemagne, Lasalle se distingue encore à Essling, les 20-22 mail 1809, puis au siège de Raab, les 15-24 juin.

Le 6 juillet 1809, au soir de la bataille de Wagram, séparé momentanément de ses hussards, il avise un bataillon d'infanterie ennemi et essaie, avec des cuirassiers du 1er régiment, de le disperser. Il tombe alors au champ d'honneur, frappé en pleine tête d'une balle tirée par un grenadier hongrois en retraite. Il meurt à 34 ans, en ayant dépassé la limite qu'il s'était lui même fixée de quatre ans. Ses restes furent ramenés d'Autriche aux Invalides, en 1891 et une statue de lui fut érigée à Lunéville.

En Espagne, Lasalle est surnommé « Picaro ».
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# Posté le samedi 03 juin 2006 10:24

Oudinot

Oudinot
Né le 25 Avril 1767 à Bar-le-Duc (Meuse), Nicolas-Charles OUDINOT est issu de la petite bourgeoisie meusienne. Après des études dans sa ville natale puis à Toul, il s'engagea en 1784, à l'âge de dix-sept ans, dans le régiment de Médoc-infanterie, son caractère ne l'inclinant guère à participer aux affaires de la brasserie paternelle. Revenu dans sa région trois ans plus tard avec le grade de sergent, il y épousa Françoise-Charlotte DERLIN en Septembre 1789, année où les premiers événements de la Révolution lui fournirent l'occasion de se révéler.
Le 14 Juillet 1789, une compagnie soldée, formée à Bar, plaça à sa tête l'ancien soldat du Médoc-infanterie avec le grade de capitaine. Ayant montré sa fermeté et son esprit de décision lors de quelques troubles populaires qui agitèrent cette ville, OUDINOT fut désigné en 1790 comme chef de légion, commandant la Garde nationale du département, puis, le 6 Septembre 1791. A ce titre, il défendit le château de Bitche, attaqué par les Prussiens, les força à battre en retraite et leur fit 700 prisonniers. Elu à la majorité des suffrages lieutenant-colonel du 3ème bataillon des volontaires de la Meuse, avec lequel il partit pour la frontière du Nord-Est.
A la suite de sa remarquable défense de Bitche, il fut promu chef de brigade (colonel) le 5 Novembre 1793 et se vit attribuer le commandement de la 4ème demi-brigade, qui venait d'être constituée avec l'un des plus brillants éléments de l'armée monarchique, le régiment de Picardie. En Décembre de la même année, à l'affaire d'Haguenau il reçut la première d'une longue série de blessures qui firent de lui le maréchal le plus blessé de l'Empire. Quelques mois plus tard, sa conduite à Kaiserslautern, où il se fraya un passage à la baïonnette dans les rangs prussiens, lui valut le grade de général de brigade (14 Juin 1794). Il avait alors vingt-sept ans et, comme la plupart des futurs maréchaux de l'Empire, était parvenu à ce grade bien avant le 18 Brumaire. En Octobre 1795, victime de cinq coups de sabre à Neckerau et laissé sur le terrain, il fut fait prisonnier par les Autrichiens. Enfermé à Ulm, OUDINOT fut relaché après avoir signé, le 23 Décembre 1795, l'engagement suivant : "Je m'engage sur ma parolle d'honneur de ne servir contre sa majesté l'Empereur, contre l'Empire ny même contre aucunnes des puissances formant la coalition en guerre avec la France, jusqu'à mon échange consommée. Je promets aussi sous le même serment de me reconstituer prisonnier dans le cas où on jugeroit à propos de me rappeler et renonce à mes appointements à dater du jour de mon départ. Le général de brigade OUDINOT, prisonnier de guerre François" "Fait à Ulm, le 23 décembre 1795" Libéré l'année suivante à la suite d'un échange contre le général major ZAINIAU, il rejoignit les armées du Rhin et de la Moselle commandées par le général MOREAU. Il servit ensuite en Suisse sous les ordres de MASSENA, qui le fit nommer général de division le 12 Avril 1799, pendant la campagne d'Helvétie, il se distingua à la prise de Zurich et à celle de Constance, étant alors chef d'état-major de MASSENA qui le fit nommer général de division (12 Avril 1799).

OUDINOT prit ensuite part à toutes les grandes campagnes du Consulat et de l'Empire, à l'exception de celles d'Espagne et du Portugal. Auprès de MASSENA, il soutint avec l'armée de Ligurie le siège de Gênes, place qui fut évacuée avec les honneurs de la guerre après avoir permis à BONAPARTE de franchir les Alpes. Lors des dernières opérations en Italie, il s'illustra, notamment par un fait d'armes personnel en s'emparant avec son état-major d'une batterie autrichienne gardant le passage du Mincio (Décembre 1800). En Février 1805, à la veille de la formation de la troisième coalition, il reçut le commandement en chef des grenadiers réunis, soldats d'élite qui ne furent bientôt plus connus que sous le nom de "Grenadiers d'OUDINOT" : il remporta l'année même une série de succès à Wertingen, Amstetten, Vienne et Hollabrünn, puis contribua à la victoire d'Austerlitz. Il rendit de précieux services en 1806 durant la campagne de Prusse, enleva Ostrolenka par une brillante charge de cavalerie l'année suivante (Février 1807) et se couvrit de gloire face aux Russes à Friedland (Juin 1807). Le 25 Juillet 1808, l'Empereur lui accorda le titre de comte de l'Empire avec pour dotation le domaine d'Inowaclo (Pologne). A la tête de sa troupe - surnommée " la colonne infernale " tant elle inspirait de crainte dans les rangs ennemis -, il se signala durant la campagne d'Autriche (1809) à Ebersberg puis Essling. Quand LANNES fut mis hors combat, l'Empereur donna " le commandement du 2ème corps au comte OUDINOT, général éprouvé dans cent combats, où il a montré autant d'intrépidité que de savoir " ( 23 Mai, 10ème Bulletin de la Grande Armée ). Peu après, il fit des prodiges de valeur à Wagram, où il força la victoire en outrepassant les ordres de NAPOLEON, qui lui donna son bâton de maréchal le 12 Juillet 1809 et le titre de duc de Reggio.





S'il semble bien que l'Empereur voyait, depuis plusieurs années déjà, en lui l'un de ses futurs maréchaux, divers facteurs ont pu venir retarder son élévation à cette dignité : OUDINOT était de l'armée du Rhin et n'avait rencontré BONAPARTE pour la première fois qu'après l'instauration du Consulat ; républicain affiché, il fit longtemps partie du groupe des généraux "d'opposition" ; s'il était un meneur d'hommes d'une bravoure exceptionnelle, il n'était toutefois pas un grand stratège ; ses multiples blessures, enfin, le tinrent trop souvent écarté aux moments où se distribuaient les distinctions. A l'intrépidité OUDINOT joignait un esprit chevaleresque reconnu de ses adversaires et, derrière la rudesse extérieure de son caractère, un indéniable savoir-faire qui contribuèrent sans doute à lui faire attribuer certaines missions plus diplomatiques que militaires avant comme après son accession au maréchalat.
Chargé, en 1806, de prendre possession au nom de BERTHIER de la principauté de Neuchâtel (Suisse) cédée à la France par la Prusse, il s'attira, par son équité et son désintéressement, la reconnaissance des habitants qui, à son départ, lui offrirent une épée d'honneur et la citoyenneté de Neuchâtel. Gouverneur d'Erfurt, il eut la tâche délicate de veiller au bon déroulement d'un congrès (Septembre 1808) où étaient conviés nombre de souverains et princes d'Europe autour de NAPOLEON et du TSAR, auquel l'Empereur le présenta comme " le Bayard de l'armée française ". Lors de l'abdication de Louis BONAPARTE du trône de Hollande, NAPOLEON, ayant décidé d'annexer ce pays à l'Empire, en confia l'occupation à OUDINOT, qui sut concilier dans cette opération (1810) la fermeté qu'exigeait l'application des ordres reçus, le respect que demandait le sort d'un peuple éprouvé et les égards qu'appelait la situation du frère de l'Empereur.





C'est durant son séjour en Hollande qu'OUDINOT apprit le décès de sa femme dont il avait eu sept enfants. Quelque temps plus tard, le 19 Janvier 1812, il épousa Marie-Charlotte-Eugénie de COUCY, jeune femme de l'aristocratie de l'ancien régime, qui lui donna quatre autre descendants venant agrandir une famille où le métier des armes fut largement représenté. Tous ses fils embrassèrent la carrière militaire : l'aîné, Victor, lieutenant des hussards en 1809, chef d'escadron à la fin de l'Empire, reçut en 1849, une fois devenu général, le commandement en chef du corps expéditionnaire français contre la République romaine ; le deuxième, Auguste, colonel des Chasseurs d'Afrique, trouva la mort durant la conquête de l'Algérie ; le troisième, Charles, fut lieutenant-colonel d'infanterie et le quatrième, Henri, général de brigade. Deux de ses gendres, Claude PAJOL et Guillaume de LORENCEZ, étaient de brillants généraux de division qui, comme le maréchal, firent les dernières campagnes de l'Empire.
Chef du 2ème corps pendant la campagne de Russie, OUDINOT remporta plusieurs succès autour de Pulutsk (Août 1812) et montra le plus admirable courage en ouvrant à l'armée le passage de la Bérézina (Novembre 1812). Commandant le 12ème corps, le 4ème, puis le 7ème et 12ème corps réunis durant la campagne d'Allemagne, il se battit comme un lion à Bautzen (Mai 1813), mais refoulé par BERNADOTTE à Gross-Beeren (Août 1813) ; il conduisit ensuite avec héroïsme deux divisions de la jeune Garde à Wachau puis à Freiburg (Octobre 1813) et, lors de la campagne de France, fit preuve d'une remarquable bravoure à La Rothière (Février 1814) et à Arcis-sur-Aube (Mars 1814), où il reçut sa trente-deuxième blessure. OUDINOT fut enfin de ceux qui, étant encore à Fontainebleau le 4 Avril 1814, incitèrent alors l'Empereur à l'abdication.

Rallié au gouvernement provisoire après l'abdication de NAPOLEON , le 20 Mai 1814 le maréchal OUDINOT se vit remettre par Louis XVIII le commandement en chef du corps royal des grenadiers et chasseurs à pied (ex-Garde impériale), puis fut nommé ministre d'Etat, pair de France et gouverneur de la 3ème division militaire. Durant les Cent-jours, dégagé de ses serments envers l'Empereur mais non de ceux qu'il avait prêtés aux Bourbons, il fit savoir à DAVOUT, alors ministre de la Guerre, qu'il n'entendait pas " jouer un double rôle ni servir deux maîtres " et souhaitait rester dans ses terres, ce qu'il confirma ensuite directement à l'Empereur qui l'avait appelé à Paris (Avril 1815) : Conduite royale à laquelle NAPOLEON rendit hommage à Sainte-Hélène. Au retour de Louis XVIII, OUDINOT devint major général de la Garde royale (8 Septembre 1815), puis reçu le commandement en chef de la Garde nationale de Paris qu'il conserva jusqu'à la dissolution de ce corps (1827), tandis que sa femme se voyait confier la charge de dame d'honneur de la duchesse de Berry.

OUDINOT, qui bénéficia vraiment de la confiance des gouvernements de la Restauration, fut mis à la tête du 1er corps de l'armée des Pyrénées conduite par le duc d'Angoulême lors de la guerre d'Espagne (1823) et mena ses troupes à Madrid dans une campagne à caractères plus politique que guerrier. Resté d'abord à l'écart du gouvernement de Juillet, le maréchal vieillissant accepta ensuite les fonctions de grand chancelier de la Légion d'honneur (1839), puis, trois ans plus tard, de gouverneur de l'hôtel des Invalides, où il s'éteignit le 13 Septembre 1847.






Les blessures du Maréchal



De tous les héros de la Grande Armée, la palme revient certainement à OUDINOT, dont aucun contemporain ne se serait risqué à donner le chiffre exact des blessures reçues de 1795 à 1814. Le maréchal en tenait lui-même la comptabilité minutieuse et avancer un nombre inférieur au sien était de nature à provoquer l'une de ses proverbiales colères. A en juger par son dossier au Service historique de l'Armée de terre (SHAT), il n'hésitait d'ailleurs pas à se faire communiquer ses états de service et à en corriger les omissions. Ainsi, dès 1795, peu après le début de l'impressionnante liste, considère-t-il que les mentions " une balle à la tête à Buxvillers, le 6 Frimaire an II ", et " jambe fracassée dans une charge de cavalerie à la prise de Trèves ", sont insuffisantes. Il adresse alors au ministère un certificat attestant " qu'à la suite de la réduction de la fracture, il est resté une tuméfaction considérable des muscles et des malléoles de cette jambe qui ne lui permet de marcher qu'en boitant ". De plus, pour ce qui est de la première blessure, il sollicite de ses chirurgiens un certificat précisant " qu'il eut un coup de feu à la partie supérieure de l'occipital avec lésion du péricrâne, lequel occasionne encore aujourd'hui de si violents maux de tête qu'ils soquelquefois suivis de vomissements importants ".
Le temps passe, durant lequel OUDINOT est de toutes les affaires. Le 24 Vendémiaire an XIII (15 Octobre 1804), nouveau coup d'oeil au dossier, suivi d'une note grinçante adressée au secrétaire général du ministère de la Guerre, car on a oublié dans l'énumération de ses blessures " une balle à la cuisse, trois coups de sabre sur le bras, un sur le col, une balle à la poitrine, une balle à l'omoplate ". Observons que, dans ses deux mises au point, il ne s'agit pas pour OUDINOT d'obtenir un congé ou une cure. Il veille seulement à ce que son dossier soit à jour.






Voici la liste officielle figurant à la rubrique correspondante de ses états de service clos à sa mort en 1840, qui ne compte pas moins de 27 blessures :

Balle à la tête à Buxvillers le 6 Frimaire an II.

Jambe fracassée à la prise de Trèves.

Cinq coups de sabre à la tête et au corps, balle dans le corps à Neckrau, le 16 Vendémiaire an IV.

Balle dans la cuisse à Ingolstadt.

Trois coups de sabre sur le bras et deux au col à Gampsheim.

Balle dans la poitrine près de Zurich.

Balle dans l'omoplate à Schwitz.

Balle en pleine poitrine à Zurich.

Balle traversant la cuisse à Hollabrunn.

Jambe brisée et un cheval tué sous lui à Dantzig.

Contusions et un cheval tué sous lui à Friedland.

Coup de sabre au bras à l'île Lobau.

Balle à l'oreille à Wagram.

Grièvement blessé par un biscaïen à l'épaule à Polotzk.

Balle dans le côté à la Bérézina.

Eclat de bois à Plechtenitzow.

Contusion et un cheval tué sous lui à Leipzig.

Les deux cuisses éraflées par un boulet à Brienne.

Balle en pleine poitrine à Arcis-sur-Aube.

Balle à la tête à Bar-sur-Ornain le 28 Mars 1814.

Une seconde liste figure au dossier, établie en 1853 en vue de faire accorder à sa veuve une récompense nationale. Elle a sur la précédente l'avantage de placer une date en face de chaque blessure, mais, pour le maréchal défunt, elle représente l'inconvénient de ramener celle-ci à 22 :

Coup de feu à la tête le 17/12/1793.

Jambe fracassée par coup de feu le 08/08/1794.

Blessé de 5 coups de sabre à la tête et d'un coup de feu le 18/10/1795.

4 coups de sabre et cuisse transpercée par une balle le 11/09/1796.

Une balle à la poitrine le 04/06/1799.

Balle à l'omoplate le 14/08/1799.

Balle en pleine poitrine le 25/09/1799.

Cuisse transpercée par balle le 16/11/1805.

Jambe cassée par chute de cheval en service le 14/06/1807.

Blessé par coup de sabre au bras le 22/05/1809.

Blessé par balle à l'oreille le 06/07/1809.

Grièvement blessé par biscaïen à l'épaule le 18/08/1812.
Blessé par balle dans le côté (la seule où on a ce détail) le 28/11/1812.

Les deux cuisses éraflées par boulet le 29/01/1814.

Balle en pleine poitrine (amortie par sa plaque de grand aigle) le 23/03/1814.

Les blessures passant de 27 en 1840 à 22 en 1853, faut-il considérer qu'à la mort de l'intéressé, le ministère a procédé à une révision à la baisse? Ou plutôt que ces listes ont été transcrites avec une certaine négligence par des rédacteurs qui n'avaient plus dans l'oreille le fracas de l'épopée? C'est cette dernière hypothèse qui est sans doute la bonne, car on observe que certaines blessures qui eurent pourtant des témoins ne figurent sur aucune des deux listes, alors que d'autres ne se trouvent que sur l'une d'elles.

Ainsi le grenadier PILS, dont le Journal de Marche est considéré avec sérieux, est-il présent lorsque le chirurgien-major LAPIOMONT, à Wagram (1809), panse OUDINOT dont la cuisse droite vient d'être traversée par une balle. Sans doute cette atteinte n'est-elle pas très grave, et le blessé n'a-t-il pas couru grand risque en exigeant, tout en recevant les soins de son chirurgien, de demeurer sur place, mais pourquoi ignorer cette blessure-là alors qu'une précédente, au libellé identique - " cuisse transpercée par balle " - figure à sa place sur les deux états? A en juger par les notes conservées par le chirurgien-major DUMAS, toutes deux se valent. Blessé le 16 Novembre 1805, OUDINOT était de nouveau à la tête de ses grenadiers le 1er Décembre, veille d'Austerlitz.

Autre désordre du dossier : la blessure par éclat de bois à Plechtenitzow (Novembre 1812) n'apparaît pas sur la seconde liste. Fut-elle insignifiante? Justement pas. Un peloton du premier régiment de lanciers polonais - avec le chirurgien-major GIRARDOT - vient de rejoindre OUDINOT, blessé par une balle " au côté " lors du franchissement de la Bérézina et qui a été transporté dans une masure voisine. A peine ont-ils mis pied à terre que les cosaques attaquent. La maison sera finalement dégagée, mais un boulet, la traversant de part en part, fait voler en éclat la pièce où le maréchal, qui gisait sur un matelas, est de nouveau blessé. Le Journal de marche du régiment polonais mais aussi le baron DENNIEE, dans son Itinéraire de l'empereur Napoléon durant la campagne de 1812, relatent chacun l'épisode. Autre omission - pourtant de taille - la " balle à la tête " du 23 Mars 1814, présente sur la première liste, est absente de l'autre.

Mais l'essentiel ne tient pas à ces quelques omissions ou variantes, même s'agissant d'une " balle à la tête ". En revanche, la brièveté du temps qui s'écoule parfois entre deux blessures laisse perplexe et oblige à atténuer la gravité que l'on associe spontanément à l'intitulé de la lésion. Que veut dire " balle à la poitrine " (Juin 1799), alors qu'à peine deux mois plus tard (Août 1799), OUDINOT est à même d'être frappé d'une " balle à l'omoplate ", et quelles séquelles laissent ces deux balles reçues si proches l'une de l'autre dans la mesure où, à peine un mois après la deuxième (Septembre 1799), il va recevoir - excusez du peu - une " balle en pleine poitrine "? De même, le coup de sabre du 22 Mai 1809 n'a pas du être bien tranchant puisque, le 6 Juillet, OUDINOT est encore blessé en plein combat, collectionnant ce jour-là une "balle à l'oreille", plusieurs contusions et une cuisse transpercée par un autre projectile. Observons enfin que le biscaïen reçu à l'épaule le 18 Août 1812 s'accompagne de l'exceptionnelle annotation " grièvement blessé ". Or, trois mois plus tard, c'est la " balle dans le côté " reçue au passage de la Bérézina.



Le jugement de l'Empereur


Aussi brave que coléreux, joueur que généreux, OUDINOT, après son refus de se rallier à lui en 1815, n'a laissé à NAPOLEON que des souvenirs d'abandon. " C'est un homme brave, " ma di poca testas ". " Il s'est laissé influencer dans les premiers temps par sa jeune épouse, qui est d'une ancienne famille, et qui a hérité de la vanité et des préjugés de ses ancêtres ".

OUDINOT, comme MARMONT et NEY, eut droit à une rétractation de NAPOLEON: " Je n'aurais pas dû nommer MARMONT ni OUDINOT maréchaux. Ils devaient gagner une guerre ". Mais cette raison était-elle la bonne ? Car, dans les trois cas, ces maréchaux avaient chacun à leur façon abandonné l'Empereur en 1814 ou 1815.
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# Posté le samedi 03 juin 2006 10:15

Michel Ney

Michel Ney
Michel Ney, duc d'Elchingen, prince de la Moskowa, maréchal d'Empire, né le 10 janvier 1769 à Sarrelouis et mort le 7 décembre 1815 à Paris, place de l'Observatoire.

Il était surnommé par ses hommes puis par Napoléon lui-même, le Brave des braves. D'autres surnoms, lui ont été aussi donnés, tels que Le Lion Rouge ou Le Rougeaud, tous en rapport avec ses cheveux roux et sa peau rougie par le soleil. Il avait pour habitude de charger à la tête de ses troupes. Son commandement favori était direction le trou du cul de mon cheval, chargez.

Le jeune Ney s'engagea dans un régiment de Hussards, à Metz où il est sous-officier à la Révolution.


Lieutenant de l'armée du Rhin en 1792, il fut capitaine en 1794 et général en 1796. En septembre 1799, il commanda provisoirement l'armée du Rhin. Le coup d'État du 18 brumaire n'eut pas son soutien total. Il épousa Aglaë Auguie, amie de pension d'Hortense de Beauharnais.

Un des premiers généraux à repérer ses talents fut le général Kléber en 1796. Il dit, en parlant du capitaine Ney :

"Ce Ney est un preneur de villes, avec des tels hommes, un général peut se dispenser de compter le nombre de ses ennemis".
Puis Kléber parti en campagne d'Égypte, le futur maréchal Ney servit sous les ordres du non moins prestigieux général Moreau. Tous deux, mirent fin aux guerres de la révolution, en remportant la trop méconnue Bataille de Hohenlinden, le 3 décembre 1800. Le général Ney y joua un rôle majeur : enfoncer le centre ennemi pendant qu'une opération de contournement était entreprise. Mais un léger incident vint refroidir l'entente entre les deux hommes. Le général Ney entra seul dans une redoute où ses hommes effrayés ne l'avaient pas suivi. Il y reçut plusieurs coups de baïonnettes aux cuisses et au bras. Avant son rapatriement, le général Moreau fit un discours légèrement critique, pensant qu'un général n'avait pas à prendre de tels riques. On peut supposer qu'il s'agit de la raison pour laquelle le général Ney vexé, n'intervint pas en faveur de son ex-chef, lors du procès du général Moreau en 1804.
Le général Lecourbe eut plus de moralité, au prix de sa carrière qui resta en suspens jusqu'en 1815, et son rappel par le maréchal Ney, justement.

En Suisse, en 1803, il sut imposer le gouvernement unitaire voulu par le Premier Consul. Ce qui lui valut l'estime de Talleyrand. Puis, il commanda le Camp de Montreuil et fit partie de la promotion de maréchaux du 19 mai 1804. Le 14 octobre 1805, il gagna la bataille d'Elchingen, qui fut décisive pour la reddition de la forteresse d'Ulm, le 21 octobre 1805.

La bataille d'Eylau, si elle n'est n'est pas perdue grâce aux charges du maréchal Murat, est gagnée grâce à l'arrivée propice et inespérée du 6e corps commandé par le Maréchal Ney.

Le 6e corps, était chargé de poursuivre le Prussien Lestocq au nord. Mais le contact avec Lestocq n'étant pas établi, Ney décida en entendant le bruit de canon de rejoindre le combat, parcourant 80 kilomètres en une seule journée.

La victoire de Friedland peut aussi être mise à son crédit et il est fait duc d'Elchingen le 6 juin 1808. En Espagne, sous les ordres de Masséna, il fut moins heureux à cause de son caractère jaloux et ses disputes avec Jomini, son chef d'état-major, et surtout la haine réciproque qu'il entretenait avec le maréchal Soult. Fait unique pour un maréchal, il fut démis de son commandement et rejoignit Paris où Napoléon ne lui fit étrangement aucun reproche.

Mais l'image d'Épinal, représente à tout jamais le maréchal Ney lors de son héroïque campagne de Russie en 1812. Il y dirigeait le 3e corps d'armée. Pendant la phase offensive de la campagne, il occupait le centre du front de l'armée, et participa à des combats sanglants et frontaux tels que Smolensk ou Moskowa, le 6 septembre 1812. Ce dernier combat lui valut le titre de prince. Puis pendant la phase défensive, il se dévoua à l'arrière-garde de l'armée. Pendant 40 jours, il protégea les débris de l'armée donnant le plus de temps possible aux civils et aux blessées pour suivre la retraite.

Les actes d'héroïsme se succèdent, notamment au "bouchon de Krasnoïe", ainsi qu'à Kowno aux portes de la Pologne. Lors de la Bataille de la Bérézina, il remporta une magnifique victoire. En faisant charger des cuirassiers sur des tireurs embusqués dans une forêt, il réussit l'exploit de faire 5 000 prisonniers avec seulement 7 000 hommes.

À Fontainebleau, il incita fortement l'abdication de l'Empereur et se rallia aux Bourbons, ce qui lui valut d'être nommé pair de France par Louis XVIII. En effet, Napoléon projeta de s'appuyer sur les zones occupées de l'Est de la France pour soulever le peuple contre les alliés. Il en avisa ces maréchaux qui après un concertation s'en offusquèrent. Le maréchal Berthier notamment, incita le maréchal Ney à parler à l'Empereur.
Lors d'un échange verbal célèbre, Napoléon s'écria : "L'armée m'obéira !", et le Maréchal Ney de lui répondre : "L'armée obéira à ses chefs !". Napoléon demanda : "Mais que voulez-vous de moi ?", et le maréchal Ney répondit "Abdiquez en faveur de votre fils !"
Ce que Napoléon fit. Le maréchal Ney accompagné du maréchal Macdonald et du grand écuyer Coulaincourt, alla soumettre cette abdication aux alliés et notamment à Alexandre 1er, Empereur de Russie. Mais à ce moment éclata la terrible nouvelle de la défection du corps d'armée du maréchal Marmont. L'accès à Paris était maintenant offert aux alliés. Les conditions de Napoléon n'avait plus de poids, et la Sénat proclama sa déchéance. Ney ne crut pas nécessaire, à l'inverse de Macdonald et Coulaincourt de revenir donner la réponse des alliés à Napoléon. On dit que cette relative "défection" du maréchal Ney entraîna la tentative de suicide de Napoléon.

La restauration fut une période contrastée pour le maréchal Ney comme tous les autres "parvenus" de la Révolution. La France le comblait d'honneurs, mais les milieux aristocrates et les anciens émigrés, raillèrent cette nouvelle noblesse fabriquée par l'"usurpateur". On dit que la maréchale Ney, Agläe Auguié, était victime de moqueries et rentrait en pleurs chez son mari, qui ne goûtait que très moyennement cet affront. Peut être aussi, cet homme de guerre, n'ayant cessé de combattre depuis près de 30 ans, comprenait bien l'inutilité qu'était la sienne en période de paix.

Lors du débarquement de Napoléon à Golfe-Juan le 1er mars 1815, il proposa au roi Louis XVIII de ramener Napoléon « dans une cage de fer » mais au contraire se rallia à l'Empereur. Contrairement à de nombreuses idées reçues, il n'y eut pas d'affrontement entre les troupes du maréchal Ney et de Napoléon. Durant la nuit agitée du 13 au 14 mars 1815, à Lons-le-Saunier, le maréchal Ney décida, après maintes reflexions, de rallier l'empereur. De toutes parts, les témoignages de ralliement populaire en faveur de Napoléon abondaient. Les canons étaient poussés dans les fossés, et différents bataillons abdiquaient. Le général Bertrand aurait aussi envoyé un courrier menaçant le maréchal Ney. Ce dernier prétendit aussi durant son procès, avoir reçu du général Bertrand, l'assurance que les alliés acceptaient le retour de Napoléon. Quoi qu'il en soit, il est clair maintenant que les forces en présence étaient à peu près équivalentes, et le maréchal Ney se refusa à déclencher un bain de sang franco-français.

Sa décision prise, le maréchal Ney fit afficher une célèbre proclamation de Lons-le-Saunier, dans laquelle il dit avec emphase : Soldats ! La cause des Bourbons est à jamais perdue. La dynastie légitime, que la nation française a adoptée, va remonter sur le trône. C'est à l'empereur Napoléon, notre souverain, qu'il appartient de régner sur notre beau pays...

La fameuse rencontre d'Auxerre entre le maréchal Ney et Napoléon, fut en fait une rencontre à huis-clos. Les témoignages divergent. Il semble que les deux hommes aient fortement haussé le ton. Certains prétendent que Napoléon aurait fortement tancé son maréchal pour sa « défection » de 1814.

Le maréchal Ney a soutenu pendant son procès avoir exigé de Napoléon : Qu'il ne joue plus au tyran.
En tout cas, les deux personnages emblématiques semblèrent fâchés et ne se revirent plus jusqu'au 12 juin 1815, quand Napoléon rappela le maréchal Ney pour commander les 1er et 2e corps d'armée dans la campagne de Belgique qui commençait.
Napoléon avait besoin de « grands noms » pour son armée et le maréchal Ney, quant à lui, voulait laver la honte de sa « défection », et montrer qu'il était toujours le héros de la campagne de Russie.

La campagne de Belgique fut mal menée du début à la fin. Le maréchal Ney, appelé de dernière minute, n'arriva aux Quatre-bras que le 15 juin 1815. Et de plus, il arriva seul, sans état-major, et transporté dans une charette de paysan. Dès le lendemain commença la bataille des Quatre-Bras où un faible détachement de Britanniques et Hollandais résista malgré de faibles troupes et un manque de munitions. Le maréchal Ney prétendit n'avoir pas reçu d'ordre précis d'attaque, et Napoléon dit avoir envoyé un courrier précis exigeant cette attaque. Rétrospectivement on peut dire que cet ordre est un mensonge de Napoléon. Le maréchal Soult, chef d'état-major durant cette campagne et ennemi personnel du maréchal Ney, avoua sur son lit de mort au fils de Ney n'avoir jamais eu connaissance de cet ordre. Or, tous les ordres passaient normalement entre ses mains. Cette bataille manquée est probablement, à ce jour, un des seuls reproches qu'on puisse faire au maréchal Ney.

S'ensuit la bataille de Waterloo. Immense et complexe bataille, qu'il est difficile de développer en quelques lignes.
Néanmoins, on peut dire, que Napoléon est très malade ce jour-là. Il fut surpris plusieurs fois vomissant et somnolant loin du champ de bataille. Le maréchal Ney quant à lui fit preuve à son habitude d'une activité débordante. On dit qu'il avaient les vêtements lacérés, le visage souillé de boue et de sang, et le chapeau perdu.

Pour certains, le maréchal Ney est le perdant de Waterloo, et pour d'autres il en est le vrai vainqueur.
Tout se résume à un moment bien précis : Vers 15 h 30, la 1re ligne britannique amorce un recul stratégique derrière le chemin d'Ohain au fort dénivelé. Le maréchal Ney croit alors à une retraite britannique, et lance toute sa cavalerie à la charge. Et ce avec d'autant plus d'empressement que l'on sait déjà que les Prussiens s'approchent.

La charge est énorme. Une des plus grosses charges de cavalerie de l'histoire. Napoléon déplore cette charge, mais la soutient néanmoins avec la cavalerie sous ses ordres. La cavalerie est trop nombreuse, d'autant plus que des bataillons suivent spontanément ce mouvement d'ampleur. Mais malgré cela la charge réussit. Wellington donne des ordres pour préparer un embarquement. Il pleure même. La ferme du Mont Saint-Jean passe aux Français.

Le maréchal Ney fait demander un renfort d'infanterie à Napoléon qui refuse en disant : Des renforts ? Mais où veut-il que je les trouve ?. Cette erreur historique fut fatale et d'autant plus surprenante, que Napoléon disposait alors du corps de Mouton-Duvernet.

En quelques instants la bataille bascule, les carrés britanniques se reforment, et peu apès, la cavalerie prussienne arrive au contact. L'infanterie britannique avance maintenant, et le maréchal Ney repart à l'attaque, à pied, à la tête de l'infanterie restante.
Il tenta à nouveau une charge désespérée à la tête de la division Durutte, en s'écriant : Venez voir comment meurt un maréchal de France !. Mais sans réussite. Son sublime entêtement, échoua, accentuant d'autant plus les pertes françaises.
Il eut ce jour-là cinq chevaux tués sous lui. Tous les témoins présents, dirent qu'il cherchait la mort, mais que la mort ne voulut pas de lui.

Après la défaite, vint le temps des règlements de comptes. Napoléon dès son retour à l'Élysée culpabilisa ses maréchaux et notamment le maréchal Ney, et le maréchal de Grouchy. Le maréchal Davout prit la défense du maréchal Ney en disant : Sire, il s'est mis la corde au cou pour vous servir !. Analyse juste, et prémonitoire...

La réécriture de l'histoire de Napoléon, et la vengeance des royalistes fit son ½uvre. À la seconde Restauration, Le maréchal Ney est détesté par tous les partis, sauf par les Républicains qui étaient alors trop minoritaires.

Il fut décidé que ceux qui s'étaient mis au service de l'Empereur avant le 20 mars 1815, date à laquelle Louis XVIII avait quitté la capitale, étaient des traîtres. Joseph Fouché fut chargé d'en établir la liste. Talleyrand déclara à son sujet : « Il y a une justice à rendre à Monsieur le duc d'Otrante, c'est qu'il n'a oublié sur la liste aucun de ses amis ».

Un seul maréchal sur cette liste et tout en haut : le maréchal Ney. Malgré des complaisances de Fouché, alors ministre de la Police, qui lui donna deux passeports pour fuir en Suisse ou aux États-Unis, le maréchal Ney, resta en France, chez une cousine de sa femme. Il est alors arrêté près d'Aurillac. Le Roi, qui avait appliqué à la situation la fermeté que réclamaient à la fois les alliés et la sûreté de son trône, n'en déclara pas moins : « L'arrestation de Ney nous fera plus de mal que sa trahison du mois de mars ».

On dit qu'il fut reconnu grâce à un sabre égyptien que Napoléon lui avait offert et qu'il laissa en vue de tous. Le maréchal arrive à Paris sous escorte le 19 août. Il est aussitôt incarcéré à la Conciergerie. Il est transféré à la prison du Luxembourg en traversant des villes où l'on souhaite soit le lyncher, soit le délivrer. Mais il ne tente pas de s'enfuir, et rassure même les deux gendarmes effrayés qui sont chargés de le garder. En chemin, le général Exelmans, lui proposa de le délivrer et de l'escorter où il le souhaite, mais il refusa. On dit que des officiers vinrent le libérer à la prison du Luxembourg, mais qu'il refusa aussi.

Le Conseil de guerre devait juger le maréchal Ney. Il restait cependant à composer. Il devait nécessairement comprendre des maréchaux de France et la présidence en revenait de droit à leur doyen, le maréchal Moncey, duc de Conegliano. Mais celui-ci se récusa dans une lettre adressée au Roi :

«...Qui, moi ? J'irais prononcer sur le sort du maréchal Ney ? Mais, Sire, permettez-moi de demander à Votre Majesté où étaient les accusateurs tandis que Ney parcourait les champs de bataille ?... ».
Mécontent, le Roi destitua Moncey et lui infligea trois mois de prison. Le maréchal Jourdan fut alors désigné pour présider le Conseil de guerre. Ney est assisté par Berryer père et Dupin. Berryer, connu pour ses opinions monarchistes, est désavoué par ses collègues :

« Que vous vous disposiez à défendre le maréchal du crime de haute trahison dont il est forcé de s'accuser lui-même, c'est ce que personne ne veut croire... ».
Le maréchal Ney ne souhaite pas être jugé par ses anciens camarades dont il craint la rancune à la suite d'incidents passés. Ney a été élevé à la pairie par Louis XVIII ; il peut donc exiger d'être jugé par la Chambre des pairs. Si juridiquement l'idée est défendable, elle l'est beaucoup moins d'un point de vue tactique car la Chambre des pairs est en effet constituée de royalistes convaincus et, par conséquent, dans leur majorité farouchement hostiles à l'accusé. Cependant Berryer et Dupin acceptent le point de vue de leur client et cherchent à gagner du temps.

Ainsi, devant le parterre de maréchaux et de généraux qui composent le Conseil de guerre, l'accusé dédaigne de répondre à l'interrogatoire d'identité et déclare, à la stupéfaction générale, décliner la compétence du tribunal. Pair de France au moment où se sont déroulés les faits dont il est accusé, il demande, en se fondant sur les articles 33 et 34 de la Charte, son renvoi devant la Chambre des pairs.

Le conseil se retire et par 5 voix contre 2 se prononce pour l'incompétence. Ney est ravi et félicite son défenseur :

« Ah ! Monsieur Berryer, vous m'avez rendu un grand service ! Voyez-vous, ces gens-là m'auraient fait fusiller comme un lapin. ».
On comprend mal sa satisfaction, car la défense vient de laisser échapper la seule chance qu'avait Ney d'éviter le peloton d'exécution. Ainsi que Lamartine l'observe :

« Les maréchaux et les généraux pouvaient se souvenir de ses exploits : les pairs ne connaîtraient que son crime ».
Ainsi, le 10 novembre, le Conseil de guerre, faisant droit à la requête des défenseurs de Ney, se déclarant incompétent, Ney fut jugé par la Chambre des pairs.

C'est donc la Chambre de Pairs qui juge le maréchal Ney. Plusieurs éminents personnages se font dispenser. Notamment Talleyrand, qui dit ne vouloir participer à un tel crime. Le débat est évidemment à sens unique. La Chambre des pairs étant à forte majorité monarchiste.

Un ultime rebondissement survient le 6 décembre. La ville de naissance de Ney, Sarrelouis, vient de devenir prussienne depuis le traité de Paris du 20 novembre. Dupin déclare donc que Ney ne peut être jugé, car il est maintenant prussien. Évidemment, le maréchal Ney, se lève, interrompt son avocat, et dit : « Je suis Français et je resterai Français ! » La cause est entendue. Trois questions de fait sont donc d'abord posées. Leur formulation est telle que la condamnation paraît inévitable.

Première question : le maréchal Ney a-t-il reçu des émissaires dans la nuit du 13 au 14 mars ? L'appel nominal donne les résultats suivants : 111 voix pour, 47 contre. Le comte Lanjuinais, le marquis d'Aligre et le comte de Nicolaï s'abstinrent, protestant qu'ils ne pouvaient juger en conscience, attendu qu'on avait refusé à l'accusé le droit de se faire entendre sur la convention de Paris.

Deuxième question : le maréchal Ney a-t-il lu, le 14 mars, une proclamation invitant les troupes à la défection ? Trois membres, ceux qui venaient de protester, votent contre, et 158 votent pour.

Troisième question : le maréchal Ney a-t-il commis un attentat contre la sûreté de l'État ? Le résultat donne 157 voix pour, 3 voix pour avec atténuation et 1 voix contre. Lanjuinais a répondu « oui » mais en ajoutant « couvert par la capitulation de Paris » ; d'Aligre et de Richebourg « oui » mais en faisant appel à la générosité de la Chambre. Le vote négatif est celui du duc de Broglie, le plus jeune des pairs de France qui déclare :

« Je ne vois dans les faits justement reprochés au maréchal Ney ni préméditation ni dessein de trahir. Il est parti très sincèrement résolu de rester fidèle. Il a persisté jusqu'au dernier moment. »
Et dans ses Mémoires il se souvient :

« Nous délibérions dans une atmosphère d'intimidation dont le poids était étouffant. »
La dernière question porte sur la peine à appliquer. Lanjuinais, soutenu par Malville, Lemercier, Lenoir-Laroche et Cholet, tente de faire adopter la peine de déportation que 17 pairs votèrent. Parmi eux, le duc de Broglie.

Cinq pairs, le comte de Nicolaï, le marquis d'Aligre, le comte de Brigode, le comte de Sainte-Suzanne et le duc de Choiseul-Stainville, tout en s'abstenant, proposent de recommander le maréchal à la clémence du Roi.

Finalement, 139 voix, réduites à 128, à cause d'avis semblables entre parents, réclament la peine de mort.

Parmi ceux qui ont voté la mort : 5 maréchaux d'Empire : Sérurier, Kellermann, Pérignon, Victor et Marmont (au contraire, le maréchal Davout est venu le défendre), le vicomte de Chateaubriand, le comte Ferrand surnommé « le Marat blanc » et le comte Lynch nommé par Napoléon maire de Bordeaux, comte de l'Empire et chevalier de la Légion d'Honneur, qui ira jusqu'à réclamer la guillotine.

En outre, non content d'avoir obtenu la condamnation du maréchal, Bellart requiert qu'il soit rayé des cadres de la Légion d'Honneur.

Une petite phrase circule sur l'avocat Bellart à l'époque : « Si l'éloquence est un bel art, Bellart n'est point l'éloquence. »

La sentence est rendue à 11 heures et demie du soir. Les pairs appliquent la règle du conseil de guerre et la lisent en l'absence de l'accusé

Les défenseurs ayant compris que tout espoir est perdu n'assistent pas à la lecture de l'arrêt et se rendent dans la cellule qu'occupe depuis deux jours le maréchal, au Palais du Luxembourg. C'est une petite pièce située au troisième étage sous les combles, à l'extrémité ouest de la galerie où le Sénat conservateur avait installé ses archives, au-dessus de l'actuelle salle des conférences. Une plaque de marbre y a été apposée en 1935.

Pendant la lecture de la sentence, les défenseurs du maréchal vont le voir dans sa cellule. Ils le trouvent en train de dîner très tranquillement : « Je suis sûr que M. Bellart ne dîne pas avec autant d'appétit que moi » leur déclare-t-il. Puis il embrasse ses défenseurs et les remercie chaleureusement de leurs efforts. Après leur départ, il se met à rédiger ses dernières dispositions et se jette tout habillé sur son lit pour y dormir paisiblement.

A 3 heures du matin, le secrétaire-archiviste de la Chambre des pairs, Cauchy, le réveille pour lui communiquer la sentence. Le général de Rochechouart, qui commande la place de Paris, l'informe qu'il peut recevoir trois visites : sa femme, son notaire et son confesseur.

La maréchale vient rendre visite à son mari dans la cellule avec leurs quatre enfants. Elle s'évanouit en apprenant la sentence. C'est en vain qu'elle implora sa grâce auprès de Louis XVIII. Celui-ci aurait dit qu'il était favorable à cette requête, mais que seuls Wellington ou la duchesse d'Angoulême (fille de Louis XVI), pouvaient en prendre la décision.

La maréchale alla alors, demander grâce à Wellington qui accepta tout d'abord, puis renonça devant les difficultés et les obstacles. Puis, elle alla voir la duchesse d'Angoulême qui refusa sèchement. Cette dernière dit plus tard, après avoir lu les témoignages du comte de Ségur, regretter son geste. Et que s'il elle avait su qui était réellement le maréchal Ney, elle aurait demandé sa grâce.

On proposa un confesseur à Ney qui répliqua, « Vous m'ennuyez avec votre prêtraille ! » Puis il accepta finalement, convaincu par un ancien soldat de la campagne de Russie, devenu croyant à cette occasion.

Ney écrit une dernière fois à son beau-frère :

« ...Avant 24 heures je paraîtrai devant Dieu avec des regrets amers de ne pas avoir pu être plus longtemps utile à ma patrie ; mais il saura, ainsi que je l'ai dit devant les hommes, que je me sens exempt de remords... ».
Puis il s'entretient avec le curé de Saint-Sulpice.

A 8 h 30 une voiture vient chercher Ney. Il porte non pas sa tenue de maréchal mais un simple costume bourgeois. Une pluie fine tombe. Au curé de Saint-Sulpice qui se range pour le laisser passer, il déclare : « Montez monsieur le curé, tout à l'heure je passerai premier ». Le cortège s'arrête avenue de l'Observatoire. Le maréchal refuse qu'on lui bande les yeux et, s'adressant aux soldats : « Camarades, tirez sur moi et visez juste ! ». Rochechouart rapporte qu'il prononça également les paroles suivantes : « Français, je proteste devant Dieu et la patrie contre le jugement qui me condamne. J'en appelle aux hommes, à la postérité, à Dieu. Vive la France ! ». Puis il s'écroule sous les balles. La phrase qu'on lui prête « Soldats, visez droit au c½ur ! » semble plus romanesque que véridique.

Une dernière fois, la maréchale alla demander grâce à Louis XVIII, et son frère le comte d'artois, futur Charles X, la reçut et lui dit sèchement : « Madame, votre demande n'a plus d'objet. »

Il tombe face contre terre. Conformément à la coutume, la dépouille resta 15 minutes seule. Un incident survint. Un cavalier britannique fit bondir son cheval par-dessus le cadavre. Un officier russe, qui avait exprimé ostensiblement sa joie, fut rayé des listes de l'armée russe par Alexandre Ier qui appréciait beaucoup le maréchal Ney.

Mais les héros ne meurent pas. Et c'est ici que commence la légende du maréchal Ney. Comme Masséna, Louis XVIII et Wellington, le maréchal Ney était franc-maçon. Et certains prétendent que Wellington aurait persisté dans son envie de sauver son valeureux adversaire. Avec l'aide d'un cousin de Napoléon et de Louis XVIII lui même, une mise en scène aurait été préparée pour faire croire à l'exécution. Le maréchal Ney aurait porté un gilet rempli de sang de porc, qu'il aurait crevé lorsqu'il ordonna aux soldats de tirer. De plus, on dit que le mur contre lequel il a été fusillé, aurait été criblé d'impact de balles, laissant présumer que les tireurs auraient volontairement manqué leur cible. Il aurait ensuite, grâce à des complicités franc-maçonnes, rejoint les États-Unis où il aurait entammé une carrière d'enseignant.

Un homme se réclamant de son identité est mort à Brownsville en Caroline du Nord en 1846. Il s'appelait Peter Stuart Ney. Nom troublant car, Pierre était le prénom du père du maréchal Ney, et l'on dit que sa mère descendait de la dynastie des Stuart écossais. Ce Peter Stuart Ney enseignait le français, l'allemand, l'hébreu et les mathématiques.

Il ne se revela son identité qu'a deux reprises: Tout d'abord, lorsqu'un élève lui apporte un journal français anonçant la mort de Napoléon. Il s'evanouit et est transporté chez lui. Quelques heures plus tard, l'élève vient lui rendre visite, pour prendre de ses nouvelles. Il découvre un Peter Stuart Ney ensanglanté dans son lit, avec les veines tranchées. Peter Stuart Ney survécut. Et la seconde révélation eut lieu sur son lit de mort. Il dit en anglais : "By all that is holy, I am Marshal Ney of France!"

Plusieurs soldats vinrent identifier ce mystérieux personnage, et furent catégoriques, il s'agissait bien pour eux du maréchal qui les avait menés au combat. Deux expertises graphologiques eurent lieu. Elle donnèrent des résultats contradictoires.

La tombe de Peter Stuart Ney arbore un petit drapeau français et l'inscription équivoque suivante :

"In memory of Peter Stuart Ney, a native of France and soldier of the French Revolution under Napoleon Bonaparte, who departed this life November 15, 1846, aged 77 years."
Ce que l'on peut dire, c'est que plusieurs choses sont troublantes. Tout d'abord des témoins présents lors de l'exécution, trouvèrent surprenant qu'il s'écroule face contre terre. Mais le principal mystère est le suivant : en 1903, la Troisième République française décide de donner au maréchal Ney une sépulture digne. En effet, il était depuis 1815 enterré sous une simple dalle. On construit donc l'actuelle tombe, massive et digne. Pour cela, le cercueil est exhumé. Le fossoyeur qui ouvre le cercueil constate et témoigne à qui veut bien l'écouter, que le cercueil est vide ! On lui dit que la raison en est la mauvaise qualité du cercueil en sapin qui s'effrite facilement. Le squelette serait recouvert par ces fragments de sapin.

Il est troublant qu'un professionnel connaissant son métier, ne sache pas reconnaître un cercueil vide, d'un cercueil plein. Ce témoin est décédé subitement quelques temps après. Peut être que les techniques modernes, telles que l'analyse ADN, pourraient lever ce grand mystère de l'histoire de France.

# Posté le samedi 03 juin 2006 06:43