Marengo

Marengo
De retour d'Égypte en août 1799, Bonaparte participe au coup d'État du 18 et 19 brumaire (9-10 novembre) de la même année. Devenu premier consul, le vainqueur des Pyramides s'applique à rétablir la paix civile, tout en négociant avec les ennemis extérieurs de la France. Depuis la fin de 1798, en effet, une nouvelle coalition, dont les Russes sont sortis après leur défaite à Zurich (septembre 1799), s'est formée contre la France. Napoléon fait des avances à l'Autriche puis à la Grande-Bretagne, mais il se heurte à une forme d'opposition.

Contraint à la guerre, Bonaparte imagine une nouvelle campagne d'Italie, beaucoup plus téméraire que la précédente. Il constitue une armée de réserve à Lyon puis il confie au général Moreau l'action principale de son plan, c'est-à-dire l'attaque de l'Autriche par le sud de l'Allemagne. Pendant ce temps, Bonaparte passera les Alpes par le col de Saint-Gothard, puis enveloppera l'armée autrichienne et fondra sur ses arrières. Mais Moreau, effrayé par cette double man½uvre, refuse de l'exécuter.

Pendant ce temps, l'Autriche maintient son armée d'Allemagne sur la défensive et concentre tout son effort sur l'Italie. Le général autrichien Melas, coupe l'armée française d'Italie en deux : il assiège Gênes, où Masséna est bloqué, tandis que Suchet est rejeté dans le Var. Bonaparte décide, après ces événements, de faire de l'Italie son champ principal de la guerre. Il conçoit une nouvelle man½uvre : il occupera, sur la route de Plaisance à Gênes, le défilé de la Stradella et contraindra ainsi les Autrichiens à la retraite pour couvrir Milan.

Le retard de Moreau, qui doit faire diversion, mais surtout la dureté du siège de Gênes, où l'armée de Masséna est décimée par la famine et les épidémies, obligent Bonaparte à franchir les Alpes par le chemin le plus court, mais aussi l'un des plus difficiles : le Grand-Saint-Bernard. Le 23 mai, le passage est terminé. Le 2 juin le Petit Caporal entre à Milan, mais le 4 Masséna capitule à Gênes. Bonaparte doit encore changer de plan de campagne.

Pour éviter une jonction des Autrichiens avec les Britanniques, attendus à Gênes, Bonaparte doit accrocher Mélas entre Novi et la côte. Le 13 juin, il n'a toujours pas localisé le gros de l'armée ennemi. Il disperse donc le lendemain son armée à différents points stratégiques. Deux divisions sont envoyées en reconnaissnce : La division Lapoype sur la rive gauche du Pô, et au sud la division de Desaix. Quelques heures plus tard, les Autrichiens franchissent la Bormida, par deux ponts que les Français n'ont étrangement pas détruits. Pendant la nuit du 13 au 14 juin, les Autrichiens bivouaquent en face des troupes françaises avec interdiction de faire du feu.
Les Autrichiens alignent 3 corps d'armées. O'Reilly, avec 3 000 hommes, est situé à droite. Au centre se trouve Mélas, avec 20 000 hommes. Enfin, situé à gauche, 7 600 hommes sont sous le commandement de Ott. Soit 30 600 hommes dont 7 500 cavaliers. Ils rassemblent environ 180 canons.

Bonaparte, privé d'artillerie et de 15 000 hommes envoyés en reconnaissance, dispose de 24 000 hommes (composés du corps de Victor, de Lannes, de Monnier et de la Garde consulaire) plus 3 700 cavaliers (sous les ordres de Kellermann). Les Français disposent de 15 canons

L'armée autrichienne se déploie la première, dès 8 heures du matin, mais très lentement. L'armée française, mal réveillée et ne s'attendant pas à être attaquée n'est ni déployée ni en ordre de le faire, s'échelonne dans la plaine de Marengo, dans le Piémont. L'artillerie autrichienne intervient, détruit son homologue française en moins d'un quart d'heure puis s'attaque aux lignes d'infanterie, creusant des trous sanglants dans les rangs français. Les troupes autrichiennes avancent lentement puis enfin, les Français répliquent à bout portant. Les assaillants reculent, les Français chargent mais 100 mètres plus loin, ils doivent s'arrêter à cause d'un profond fossé. De l'autre côté, les Autrichiens se regroupent et attaquent. Pendant plus de trois heures, Français et Autrichiens se fusillent à vingt pas.

A midi, les Français tiennent toujours Marengo, malgré l'intervention de la cavalerie autrichienne.

A deux heures, les Français manquant de munitions, les boulets faisant des ravages chez une infanterie privée de soutien, ils battent en retraite. Victor, à gauche du dispositif français, recule en bon ordre. Lannes, au centre, risquant de se faire encercler, bat lui aussi en retraite. La situation de l'armée est délicate et Bonaparte intervient lui-même au milieu des troupes pour leur redonner courage. La retraite est protégée par les charges de la cavalerie de Champeaux, qui est tué à la tête de ses hommes, de Kellermann et enfin de la Garde consulaire.

Vers 15 heures, le front français s'échelonne sur plus de 6 km, entre Villanova, où la Garde consulaire fait des prodiges, et Son Giuliano Vecchio. Mais, pour l'armée française, l'affaire n'est pas loin de tourner au désastre, et les Autrichiens pensent déjà la victoire acquise. A tel point que leur chef, le maréchal Mélas, légérement blessé (son cheval est mort sous lui à deux reprises), quitte le champ de bataille et se précipite à Alexandrie (à environ 15 km de Marengo) pour annoncer sa victoire à l'empereur d'Autriche. Il laisse à Zach la tâche de finir avec l'ennemi, sûr de son succès.

S'inquiétant pour son chef qu'il admire,Desaix envoyé en éclairage avec 10 000 hommes, prend sur lui de désobéir aux ordres et de revenir sur ses pas, guidé au son du canon. Ce renfort sauve l'armée française d'une défaite humiliante. Bonaparte avait envoyé un contre-ordre aux deux généraux partis en avant. Le contre-ordre n'arrive qu'à 22 heures dans les mains de Lapoype, par contre Desaix reçoit le sien rapidement puisque ne l'ayant pas attendu pour marcher vers le champ de bataille. Le contre-ordre adressé à Desaix l'est dans ces termes :

« Je croyais attaquer l'ennemi, il m'a prévenu. Revenez, au nom de Dieu, si vous le pouvez encore ! »
À 15 heures alors que les Français sont prêts à organiser la retraite, Desaix arrive, enfin, avec environ 10 000 hommes répartis en deux divisions :

Division Monnier (adjudant-général Girard) :
Brigade Schilt :
19e régiment d'infanterie légère sous les ordres de Bourgeois
70e régiment d'infanterie de ligne sous les ordres de Rouyer (1460 h)
Brigade Saint-Cyr :
72e régiment d'infanterie de ligne sous les ordres de Mercier (1240 h)
Division Boudet ( adjudant général Dalton)
Brigade Musnier :
9e régiment d'infanterie légère (3 bataillons) sous les ordres de Labassée (2014 h)
30e régiment d'infanterie de ligne (3 bataillons) sous les ordres de Lajeunesse (1430 h)
Brigade Guesneau :
59e régiment d'infanterie de ligne (3 bataillons) sous les ordres de Bourdois (1872 h)

Desaix est tué d'une balle en plein c½ur.
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# Posté le samedi 03 juin 2006 06:21

Eylau

Eylau
Les Prussiens ayant été écrasés à Iéna et Auerstaedt, Bennigsen que le Tsar avait envoyé avec 60 000 hommes pour les soutenir, se trouve obligé de temporiser en attendant des renforts russes sous les ordres de Buxhovden. Sans faire jonction avec le corps d'armée prussien du général Lestocq survivant il se replie sur la ville d'Ostrołęka en Pologne.

Napoléon Ier, irrité par la reprise des hostilités par la Russie, qu'il croyait avoir relativement épargnée lors de la paix de Presbourg, franchit la Vistule et tente alors d'envelopper la retraite des Russes par un mouvement de sa gauche, qui du fait des conditions atmosphériques échoue, ne provoquant que des combats d'arrière garde à Pułtusk et à Golymin (26 décembre 1806).

Les renforts russes, 50 000 hommes avec Buxhovden et 30 000 de la Garde impériale russe, étant arrivés, Bennigsen dispose alors de 140 000 hommes en Pologne et se résout à passer à l'offensive en attaquant le corps du maréchal Bernadotte, situé au nord du dispositif français et après l'avoir défait, s'engager dans les arrières des Français. Cependant Bernadotte réagit promptement en prenant l'offensive à Mohrungen, le 25 janvier 1807, ce qui permet de dégager son corps d'armée, face à des forces deux fois supérieures en nombre.

Napoléon, averti, lui ordonne ainsi qu'à Ney de se replier plus en arrière, pensant attirer Bennigsen, pour le prendre de flanc et l'adosser à la Baltique. Mais la prise d'un courrier français met celui-ci au courant du piège tendu et le pousse à nouveau à la retraite. Napoléon, décide alors de le contraindre à la bataille générale en marchant directement vers Königsberg où il sait se trouver la majorité des approvisionnement russes. Bennigsen, après deux combats d'arrière-garde à Hof et Heilsberg le 6 février, acculé choisit le village de Preussisch-Eylau pour tenter de l'arrêter.

le 7 février
Arrivés vers 14 heures, Soult et Joachim Murat attaquent l'avant-garde russe commandée par Bagration, située à l'ouest sur la route de Lansberg et dans le village même. Les premières attaques menées par les brigades Schiner et Vivies, sur la droite à travers les bois, et les brigades Levasseur et Essards, au centre à travers le lac gelé, se font sèchement repousser. Mais l'arrivée de la division Leval et du corps d'Augereau qui menacent d'envelopper par la gauche, contraint les Russes à se replier sur le village et en début de soirée, la divison Legrand appuyée par celles de Saint-Hilaire et de Leval arrache le village aux Russes lors d'un corps à corps où se distingua la brigade Essards. Bagration, battu, recula sur la gauche des positions qu'occupait son général en chef sur les hauteurs à l'est du village. Napoléon arrivé à 23 heures à Eylau ne dispose que de 46 000 hommes et 300 canons, le corps de Davout, et celui de Ney étant encore respectivement, à 18 km au sud et 30km au nord tandis que celui de Bernadotte encore plus éloigné. Face à lui, Bennigsen a 80 000 hommes appuyés par 400 pièces, il décide néanmoins de livrer bataille le lendemain pour éviter une nouvelle dérobade russe.

Le 8 février
Dès sept heures, l'artillerie russe répartie en trois grandes batteries pilonne les positions de Soult et le village. Rapidement l'artillerie française répond provoquant un gigantesque duel que les troupes des deux camps n'ayant pas mangé et dormi sans feu, subissent pendant deux heures. À neuf heures, Davout arrive, et immédiatement attaque par le sud, mais son infériorité numérique, malgré les succès initiaux, le met en difficulté, l'Empereur, pousse donc le corps d'Augerau et la division de Saint-Hilaire pour l'appuyer. Mais aveuglées par la neige, les colonnes de ceux-ci se présente de flanc contre la batterie centrale russe et se font décimer, les généraux de division Desjardins et Heudelet sont tués et le maréchal d'Augerau est blessé. Le 14e régiment d'infanterie de ligne encerclé est anéanti, sous les yeux même de Napoléon, par la contre-attaque générale lancée avec la garde impériale russe, la cavalerie et la division du général Somov qui vise à couper les Français en deux au niveau du village en profitant de la brèche créé. Napoléon, alors dans le cimetière d'Eylau, ne recule pas et fait donner la Garde. Électrisés par la présence de leur Empereur, les grenadiers de Dorsenne et les chasseurs à cheval de Dahlman, stoppent net la colonne russe de grenadiers qui vise le cimetière dans un titanesque corps à corps à l'arme blanche, c'est l'une des rares batailles où l'infanterie de la Garde impériale intervient. Il provoque ensuite Murat : « Nous laisseras-tu dévorer par ces gens-là ? », qui enlève une énorme charge de toute la cavalerie disponible, 12 000 hommes, la plus grande charge de tous les temps. Celle-ci sabre, à l'aller et au retour, les deux divisions que Bennigsen avait engagées dans l'exploitation de l'anéantissement des troupes d'Augerau, rétablissant la situation.

Le combat reste indécis toute l'après-midi, malgré l'apparition du prussien Lestocq et de ses 10 000 hommes attaquant la droite de Davout, qui est contre-balancé par l'arrivée de Ney et de ses 8 000 hommes. La nuit tombée, Bennigsen à court de munitions, sans réserves, contre l'avis de Knorring, Osterman et Lestocq, décide de se replier vers Königsberg.

La victoire est française, mais elle a coûté fort cher:

Le corps d'Augerau est quasiment détruit, les autres corps sont très entamés.
Plusieurs généraux de grande valeur sont perdus:
Maréchal Augerau est blessé grièvement.
Général de division Desjardins
Général de division Heudelet
Général de division d'Hauptoul (malgré une cuisse brisée et l'avis de Larrey, il refuse l'amputation et meurt le 11 février)
Général de division Dahlmann
Lochet
Varé
D'Hommières
L'aide de camp de Napoléon, Claude Corbineau...
Napoléon, très affecté par les pertes subies, contrairement à son habitude, restera huit jours sur le champ de bataille pour activer le secours aux blessés. De plus, elle n'est pas décisive car Bennigsen, quoique très entamé, s'est retiré en bon ordre et n'a pas été réellement poursuivi du fait de l'état d'épuisement de l'armée française. Il faudra une autre grande bataille pour contraindre les Russes à la paix, décisive celle-là, ce sera Friedland.

Ordres de bataille

Français
L'armée française est forte de 75 000 hommes sous le commandement direct de Napoléon.

IIIe corps d'armée, sous les ordres du maréchal Louis Nicolas Davout. Il arrive sur le champ de bataille vers 10 h.

Infanterie
Division Morand composée des unités suivantes :
Brigade Debilly : 13e régiment d'infanterie légère sous les ordres du colonel Guyardet
Brigade Brouard : 17e régiment d'infanterie de ligne (colonel Lanusse) et 30e régiment d'infanterie de ligne (colonel Valterre)
Brigade Bonney d'Honières : 51e régiment d'infanterie de ligne (colonel Baille) et 61e régiment d'infanterie de ligne (colonel Nicolas)
Division Friant, composée des unités suivantes :
Brigade Lochet : 33e régiment d'infanterie légére (colonel Raymond) et 48e régiment d'infanterie de ligne (colonel Barbanègre)
Brigade grandeau : 108e régiment d'infanterie de ligne (colonel Higonet) et 111e régiment d'infanterie de ligne (colonel Gay)
Division Gudin :
Brigade Petit : 12e régiment d'infanterie légére (colonel Vergès) et 21e régiment d'infanterie de ligne (colonel Decouz)
Brigade Gautier : 25e régiment d'infanterie de ligne (colonel Ccassagne) et 85e régiment d'infanterie de ligne (colonel Vialla)

Cavalerie légère
Division Marulaz : 1er régiment de chasseurs à cheval (sous les ordre d'Excelmans), 2e régiment de chasseurs à cheval (sous les ordres de Bousson)
IVe corps d'armée commandé par le maréchal Nicolas-Jean-de-Dieu Soult

Infanterie
Division Saint-Hilaire :
Brigade Candras : 10e régiment d'infanterie légère
Brigade Waré : 36e régiment d'infanterie de ligne (colonel Berlier]]), 43e régiment d'infanterie de ligne (colonel Lemarois) et 55e régiment d'infanterie de ligne (colonel Silbermann)
Division Leval :
Brigade Schiner : 24e régiment d'infanterie légère (colonel Pourailly)
Brigade Fery : 4e régiment d'infanterie de ligne (colonel Boeldieu) et 28e régiment d'infanterie de ligne (colonel Edighoffen)
Brigade Vivies : 46e régiment d'infanterie de ligne (colonel Latrille) et 57e régiment d'infanterie de ligne (colonel Rey)
Division Legrand :
Brigade Essards : 26e régiment d'infanterie légère (colonel Pouget) ainsi que le régiment de Tirailleurs Corses du colonel Ornano et le régiment de Tirailleurs du Pô du colonel Hulot
Brigade Levasseur : 18e régiment d'infanterie de ligne (colonel Ravier) et 75e régiment d'infanterie de ligne (colonel L'Huillier)

Cavalerie Légère
Brigade Guyot : 8e régiment de hussards (colonel Laborde), 16e régiment de chasseurs à cheval (colonel Bonvalet) et 22e régiment de chasseurs à cheval (colonel Bordessoulle)
VIe corps d'armée commandé par le maréchal Michel Ney qui arrive sur le champ de bataille en fin d'après-midi.

Infanterie
Division Marchand :
Brigade Vilatte : 6e régiment d'infanterie légère (colonel Laplane)
Brigade roguet : 39e régiment d'infanterie de ligne (colonel Maucune), 69e régiment d'infanterie de ligne (colonel Brun) et le 76e régiment d'infanterie de ligne (colonel Lajonquière)
Division Gardanne :
Brigade Marcognet : 25e régiment d'infanterie légére (colonel Morel) et 27e régiment d'infanterie de ligne (colonel Bardet)
Brigade Delabassee : 50e régiment d'infanterie de ligne (colonel Lamartinière) et le 59e régiment d'infanterie de ligne (colonel Dalton)
Cavalerie
Brigade Colbert : 3e régiment de hussards (sous les ordres de Laferrière) et 10e régiment de chasseurs à cheval (sous les ordres de Subervie) ainsi que le 15e régiment de chasseurs à cheval (colonel Mouriez)
Division Lassalle :
Brigade La Tour-Maubourg : 5e régiment de hussards (sous les ordre de Déry) et 7e régiment de hussards (sous les ordre de E. de Colbert)
Brigade Watier : 3 escadrons du 11e régiment de chasseurs à cheval (450 cavaliers) et le régiment de chevau-léger bavarois du colonel Pappenheim
Brigade de dragons du colonelDelorme : 20e régiment de dragons (colonel Reynaud) et 26e régiment de dragons (colonel Delorme)
VIIe corps d'armée commandé par le maréchal Augereau

Infanterie
Division Desjardins :
Brigade Albert : 16e régiment d'infanterie légère (colonel Harispe) et 14e régiment d'infanterie de ligne (colonel Henriod)
Brigade Binot : 44e régiment d'infanterie de ligne (colonel Sandeur) et 105e régiment d'infanterie de ligne (colonel Habert)
Division Heudelet :
Brigade Amey: 7e régiment d'infanterie légère (colonel Boyet)
Brigade Sarrut : 24e régiment d'infanterie de ligne (colonel Semellé) et 63e régiment d'infanterie de ligne (colonel Lacuée)
Cavalerie légère
Brigade Durosnel : 7e régiment de chasseurs à cheval (colonel Lagrange) et 20e régiment de chasseurs à cheval (colonel Castex)
Cavalerie de réserve sous les ordres du roi-maréchal Joachim Murat
Cavalerie légère
Division Lasalle :
Brigade Milhaud : 1er régiment de hussards (colonel De Juniac), 3e régiment de hussards, 5e régiment de hussards et 13e régiment de chasseurs à cheval (colonel Domangeot)
Brigade Wathier : 11e régiment de chasseurs à cheval et le 1er régiment de chasseurs lanciers bavarois.
Cuirrassiers
Division Nansouty :
Brigade La Houssaye : 9e régiment de cuirassiers et 11e régiment de cuirassiers
Division d'Hautpoul, composée des brigades Verdière et Saint-Sulpice avec les unités suivantes :
1er régiment de cuirassiers
5e régiments de cuirassiers
10e régiment de cuirassiers
Dragons
Division Grouchy, composé des brigades Roget, Millet et Broussard avec les unités suivantes :
3e régiment de dragons
4e régiment de dragons
6e régiment de dragons
10e régiment de dragons
11e régiment de dragons
Division Beaumont, composée des brigades Boyé, Marizy et La Tour-Maubourg avec les unités suivantes :
5e régiment de dragons
8e régiment de dragons
12e régiment de dragons
16e régiment de dragons
19e régiment de dragons
21e régiment de dragons
Division Sahuc, composée des brigades Margaron, Laplanche et Anon avec les unités suivantes :
17e régiment de dragons
18e régiment de dragons
19e régiment de dragons
27e régiment de dragons
Garde impériale commandée par le maréchal Jean-Baptiste Bessières

Infanterie
Brigade Soules : 1er régiment de chasseurs à pied de la Garde impériale et 2e régiment de chasseurs à pied de la Garde impériale
Brigade Dorsenne : 1er régiment de grenadiers à pied de la Garde impériale
Cavalerie
Brigade Walther : régiment de grenadiers à cheval de la Garde impériale
Brigade Dahlman : régiment de chasseurs à cheval de la Garde impériale et Mamelouks
Brigade Jacquin : Gendarmes d'élite de la Garde impériale

Prussiens
Wikimedia Commons propose des documents multimédia sur Bataille d'Eylau.L'armée prussienne est forte de 5 500 hommes réunis sous le commandement du général Lestocq. L'état-major prussien est composé des généraux divisionaires : Von Dierecke, Rembow et Auer. Il est a noter que l'armée prussienne comprend des éléments russes.

Avant garde
6e régiment de dragons de Auer
Régiment de Cavalerie Towarczys
Division von Dierecke
2e Régiment d'infanterie de Rüchel
7e régiment de dragons de Baczko
4e régiment de cuirassiers de Wagenfeld
Division Rembow
11e régiment d'infanterie de Schöning
Régiment de Grenadiers Schlieffen
Division Auer
Régiment de Cavalerie Towarczys
Régiment d'infanterie Wyburg (russes)
Régiment de Fusiliers
21e régiment de chasseurs (russes)

Russes
L'armée russes est forte de 63 500 hommes sous les ordres du général Bennigsen. Le chef d'état-major est le comte Steinheil. Le commandant l'artillerie est Rezvoi. Le prince Pierre de Bagration est aide de camp.
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# Posté le samedi 03 juin 2006 06:13

Iena

Iena
En août 1806, l'Europe semble en paix : l'Autriche désarme ; le Royaume-Uni, ruinée par la guerre et démoralisée par la victoire française sur le continent, fait tout pour trouver un accord avec la France, surtout depuis la mort de William Pitt et son remplacement par Fox tandis que le royaume de Naples est occupé, obligeant son roi à s'exiler en Sicile.

Pourtant, Frédéric III de Prusse est très inquiet lorsque Napoléon réorganise, sans le tenir informé, le Saint-Empire en Confédération du Rhin, cette dernière trop favorable à la France : les principaux États qui la composent sont sous son protectorat. De plus, Napoléon voudrait restituer le Hanovre à son ancien propriétaire, le Royaume-Uni. Or, depuis moins de six mois, ce territoire est occupée par la Prusse, en échange de sa neutralité avec la France, pendant que la Grande Armée est occupée en Bavière et en Moravie contre les unités russes et autrichiennes de la troisième coalition.

Pendant les mois d'août à septembre, la belle reine de Prusse, Louise de Mecklembourg-Strelitz, attise la haine de l'armée et de la population prussiennes à l'encontre des Français : les officiers de l'armée royale se plaisent à aiguiser leurs sabres sur les marches de l'ambassade de France à Berlin tandis que Frédéric-Guillaume III de Prusse lance à qui veut l'entendre :

« Pas besoin de sabres, les gourdins suffiront pour ces chiens de Français ».
Alexandre Ier, Tsar de toutes les Russies et Frédéric-Guillaume III de Prusse se rencontrent à Potsdam, et jurent sur le tombeau du grand Frédéric II de Prusse de ne plus jamais se séparer avant la victoire sur la France.

La Prusse, la Russie, la Suède, la Saxe et le Royaume-Uni (à la mort de son Premier ministre Fox, le 14 septembre), forment la quatrième coalition et mobilisent leurs troupes le 9 août. L'armée prussienne est divisée en trois groupes : Un sous les ordres de Charles Guillaume Ferdinand, duc de Brunswick (70 000 hommes), un autre sous le commandement du prince de Hohenlohe (50 000) et un troisième sous Rüchel et Blücher (30 000 hommes).

Le 4 octobre, Napoléon reçoit un ultimatum l'invitant à se retirer de la rive droite du Rhin avant le 8 octobre. Le 6, on fait lire à la Grande Armée un bulletin qui annonce :

« Soldats ! L'ordre de votre rentrée en France était déjà donné, des fêtes triomphales vous attendaient. Mais des cris de guerre se sont faits entendre à Berlin. Nous sommes provoqués par une audace qui demande vengeance ».
Immédiatement, la Grande Armée (180 000 hommes), tel un torrent, submerge l'Allemagne, ayant pour objectif Berlin. L'avant-garde, sous les ordres du maréchal Lannes, repousse un corps prussien à Saalfeld le 10 octobre. Le prince Louis Ferdinand de Prusse, le neveu du grand Frédéric, y trouve la mort en combat singulier. Pourtant, l'armée adverse résiste. La cavalerie de Murat est envoyée en reconnaissance dans la plaine de Leipzig, mais sans résultat. En fait, les Prussiens ont décidé de se replier vers le Nord, ne laissant sous les ordres de Hohenlohe qu'une forte arrière garde à Iéna. Napoléon s'y dirige alors avec le gros de ses troupes. Il donne l'ordre à Davout de marcher sur Naumbourg, à une soixantaine de kilomètres au sud de Leipzig, pour prendre l'ennemi à revers et frapper ses arrières. Bernadotte est laissé en réserve, sur les hauteurs de Dornbourg, et doit prêter main-forte à Davout en cas de problèmes.

Forces en présence
L'armée prussienne est divisée en deux colonnes : Une sous le commandement de Brunswick, et l'autre sous les ordres de Hohenlohe avec 50 000 hommes et 120 canons. Ce dernier a pour but de protéger la retraite du premier. C'est le corps de Hohenlohe qui soutiendra l'affrontement avec Napoléon.

Les forces françaises comprennent le 4e corps de Soult, le 5e de Lannes, le 6e de Ney et le 7e d'Augereau (ces deux derniers sont incomplets au début de la bataille) et la garde impériale, soit 55 000 hommes. La réserve de cavalerie s'y ajoute, soit 10 000 hommes. L'artillerie comprend 173 canons. Le tout est commandé par Napoléon.

Les préparatifs
Le 13 octobre, à la tombée de la nuit, Lannes arrive devant Iéna, que les Prussiens viennent d'abandonner. La ville est ravagée par les incendies nés des pillages. Ce site convient mal pour une bataille rangée. Il s'agit d'une vallée très encaissée, entourée d'une dense forêt. À l'est, le plateau de Landgrafenberg atteint 350 mètres, mais les Prussiens ont négligé de le garder, estimant ses pentes infranchissables.

La légende raconte que c'est un prêtre saxon, n'admettant pas l'alliance forcée de son pays avec la Prusse, qui guida l'état-major de Lannes, par un sentier étroit et caillouteux, qui servait habituellement à conduire les chèvres jusqu'au sommet. Napoléon fit aussitôt armer ses bataillons de pics et de pelles pour élargir le passage afin de faire passer l'artillerie française, bloquée en bas du chemin. L'Empereur dirigeait lui-même l'opération, n'hésitant pas à encourager et aider ses soldats. Tout le centre était « massé » sur ce plateau, la poitrine de chaque homme touchant le dos du soldat placé devant lui. La seule route d'accès vers la vallée est bien gardée par les troupes saxonnes.

Napoléon improvise aussitôt une man½uvre inverse de celle d'Austerlitz : Il conquiert à l'insu de son ennemi un plateau qui lui assure une situation dominante. Il surplombe ainsi l'armée prussienne concentrée juste devant lui.

Déroulement de la bataille
L'armée française progresse, avec de gauche à droite, les corps d'Augereau, de Lannes, de Ney et enfin de Soult. La garde impériale est en retrait, entre Augereau et Lannes, ainsi que la cavalerie de Murat, placée à l'extrême droite. Par contre, l'armée prussienne entre en ordre de bataille, en deux colonnes parfaitement alignées, comme pendant la guerre de Sept Ans. Le corps du prince Rüchel (30 000 hommes) est placé sur le flanc droit prussien,en renfort. Mais celui-ci trop éloigné et mal commandé, ne peut participer à la bataille.

À six heures du matin, Napoléon donne l'ordre de l'attaque. Les Prussiens, mal réveillés et ébahis, s'attendent à voir déboucher les Français sur leur droite. Ils soutiennent avec succès l'assaut d'Augereau, mais il s'agit d'une opération de diversion. La surprise des Prussiens est totale lorsqu'ils voient surgir du brouillard 30 000 hommes qui prennent leurs flancs. Immédiatement, Lannes bouscule la réserve du général Tauertzien tandis que Soult progresse par la droite et Augereau par la gauche.

Napoléon stabilise le front en alignant ses ailes par rapport à son centre, mais Ney, enthousiaste, continue son avancée et fait charger ses troupes. Il se retrouve vite au milieu des lignes adverses. Hohenlohe contre-attaque avec toute sa cavalerie, soit vingt escadrons. Aidé de l'artillerie, Ney redresse la situation.

Le général prussien Hohenlohe, visionnaire militaire de son temps, sait que ses hommes n'ont pas été entraînés, et que la bataille va sûrement être perdue. Son ami, le général Messembach, le rejoint au moment où la situation devient critique. Vers midi, les lignes prussiennes sont enfoncées. Les Saxons forment les carrés mais la cavalerie française entre en action et les décime. Les débris de l'armée prussienne sont pillonnés par l'artillerie française, au grand complet.

Contrairement à Austerlitz, où Napoléon n'avait pas fait poursuivre les Russes et les Autrichiens battant en retraite, cette fois, il donne l'ordre de s'élancer sur les traces des Prussiens. Murat progresse si vite qu'il saisit à l'entrée de Weimar l'artillerie et les bagages des Prussiens. La reine de Prusse, âme damnée de la guerre, s'enfuit par une porte de la ville tandis que les Français entrent par l'autre. Meilleure cavalière et surtout plus légère, elle avait, quelques heures plus tôt, déjà réussi à semer les dragons français.

Pertes
Les troupes prussiennes subissent de lourdes pertes : 49 généraux (dont 19 saxons), 263 officiers, 12 000 hommes, tués ou blessés, 14 000 prisonniers, 40 drapeaux et 112 canons capturés.

Les Français perdent 6 officiers supérieurs (dont les colonels de 20e chasseurs et Barbanègre du 9e hussards), 288 officiers et environ 6 000 hommes, tués ou blessés.

Conséquences
La bataille d'Iéna est combinée à celle d'Auerstaedt, qui se déroule le même jour, et voit le triomphe de Davout, qui avec seulement 27 000 hommes, vainc les 60 000 soldats de Brunswick. L'armée prussienne perd dans la même journée environ 45 000 hommes et toute son artillerie. Ces défaites jettent les Prussiens dans le désarroi. Ainsi, on vit trois hussards français capturer à eux seuls et sans résistance un escadron ennemi. Il n'y a plus d'armée prussienne. le 17 octobre, Bernadotte écrase le prince de Wurtemberg.

Le 27 octobre 1806, soit moins d'un mois après être entré en campagne, Napoléon entre à Berlin. Le 28, Murat capture le prince de Hohenlohe et toute son armée (16 000 hommes, 6 régiments de cavalerie, 60 canons et autant de drapeaux). Le 7 novembre, Blücher capitule à Lübeck. Enfin, Ney met fin à la chasse à courre, selon l'expression d'un général prussien, s'empare de Magdebourg, et capture 15 000 hommes et un parc d'artillerie de plusieurs centaines de canons, fraîchement livrés par les Britanniques.

L'armistice est signé le 30 novembre. Le sort de la Prusse est décidé le 9 juillet 1807 par le traité de Tilsit. Elle est amputée de la moitié de son territoire et de la majorité de ses places fortes (Magdebourg, Erfurt, Stettin, Graudeuz, Dantzig), la plupart à l'ouest de l'Elbe. Elle perd 5 millions d'habitants et doit payer une indemnité de guerre considérable, soit 120 millions de francs de l'époque
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# Posté le samedi 03 juin 2006 06:10

Trafalgar

Trafalgar
Suite à la reprise des hostilités entre la France et le Royaume-Uni, le 18 mai 1803, après l'éphémère paix d'Amiens, Napoléon Ier commence à réunir une armée, au camp de Boulogne, dans le but d'envahir les îles britanniques, et d'en finir avec son plus coriace ennemi.

Mais pour permettre à la flottille de transport de traverser la Manche, il doit obtenir une supériorité au moins temporaire, contre la Royal Navy. Pour la réaliser, il lui faut rassembler ses deux flottes principales, celle de l'Atlantique, basée à Brest et celle de la Méditerranée, alors basée à Toulon. Mais ces deux flottes sont sous la surveillance constante de la Royal Navy, ce qui rend leur jonction difficile. De plus d'autres flottes peuvent être mobilisées pour cette action, à savoir la flotte espagnole, maintenant alliée de la France et les autres escadres, présentes sur la façade atlantique, comme celle de Rochefort.

La flotte à Brest, commandée par le vice-amiral Ganteaume, forte de vingt et un vaisseaux de ligne est étroitement surveillée par l'amiral William Cornwallis et son escadre, et ne peut appareiller sans combattre. Cependant, le vice-amiral Horatio Nelson, qui commande la Mediterranean Fleet qui fait face à l'escadre de Toulon, a décidé d'appliquer un blocus très lâche, car il espère inciter l'amiral français Pierre Villeneuve à prendre la mer, et qu'il pourra ainsi livrer bataille . Malgré les réticences de Villeneuve, qui a déja connu la défaite contre Nelson à Aboukir en 1798, Napoléon pousse celui-ci à appareiller en direction des Antilles, où la flotte espagnole et celle de Ganteaume, forçant aussi le blocus, le rejoindront. Grâce à des tempêtes qui empêchèrent les navires britanniques de maintenir leurs positions de guet, Villeneuve fait voile le 29 mars 1805, s'échappe du piège de Nelson, passe le détroit de Gibraltar le 8 avril, et arrive aux Antilles, le 12 mai, avec onze vaisseaux. Une flotte espagnole, forte de neuf vaisseaux l'y rejoint. Fort de ses vingt navires de ligne, Villeneuve, pourtant pressé par les officiers de l'armée française de participer à la reprise des îles conquises par les Britanniques, reste inactif pendant un mois, attendant Ganteaume, qui n'a même pas quitté son port. Le 7 juin, suite à la capture d'un navire de commerce britannique, il apprend que Nelson et sa flotte, malgré les vents contraires qui les ont retenus, est enfin arrivé dans les Caraïbes. Villeneuve décide alors d'appareiller pour retourner en Europe, ce qu'il fait le 11 juin.

Le 9 juillet, il arrive au Cap Finisterre, mais les vents contraires l'empêchent de rentrer dans le golfe de Gascogne avant le 22. Entre-temps, le vice-amiral Robert Calder, qui montait la garde devant Rochefort et Ferrol, a appris le retour du Français, et le 22, il a rassemblé sa flotte de quinze vaisseaux pour l'attendre au Cap Finisterre. La bataille qui suit, le 23, où Villeneuve perd deux navires espagnols, dissuade celui-ci de poursuivre au nord. Malgré l'avantage du vent, il fait demi-tour et arrive à La Corogne le 1er août. Les ordres de Napoléon qui l'attendent sont clairs: voguer au nord, vers Brest, mais nerveux devant les démonstrations de la Navy, Villeneuve décide de rejoindre Cadix.

Le 15, Cornwallis prend la lourde décision de détacher vingt de ses vaisseaux pour renforcer Calder contre Villeneuve, ce qui ne lui en laisse que onze pour garder la Manche. Mais, entre-temps, avec la menace des troupes autrichiennes et russes, aux frontières de l'est, les trois corps d'armée de Napoléon Ier, sans nouvelle de leur flotte, quittent le Camp de Boulogne le 26 août, et entament la grande marche vers l'est qui les mène vers Austerlitz.

Horatio Nelson, revenu au Royaume-Uni après deux ans en mer, est chargé de commander cette nouvelle flotte. Retardé par les réparations du HMS Victory, il ne prend la mer que le 15 septembre et ne rejoint sa flotte que le 29. Il ne place devant Cadix qu'une flottille de frégates sous les ordres du capitaine Blackwood. Ses navires de ligne eux, attendent, hors de vue, à environ 50 miles de là. Il doit détacher six d'entre eux du 2 au 15 octobre, pour aller chercher du ravitaillement à Gibraltar; de plus, le HMS Prince of Wales a quitté la flotte pour ramener Calder au Royaume-Uni, où il doit répondre de son manque d'audace du 23 juillet.

Villeneuve, de son côté, semble peu enclin à quitter Cadix: ses capitaines s'y opposent et il craint Nelson. Il a reçu des ordres de l'amiral Decrès, commandant la flotte française, de revenir en Méditerranée, mais seule l'annonce de l'arrivée de son remplaçant, le vice-amiral François Rosily, à Madrid, le 18 octobre, ajoutée au rapport d'intelligence signalant six vaisseaux britanniques à Gibraltar, le décide. Le 20 octobre, soudainement partisan du départ, il quitte le port après une rapide préparation de ses navires, et formé en trois colonnes, se dirige sur le Détroit de Gibraltar. Le soir même, l'Achille signale dix-huit navires britanniques à leur poursuite dans le nord-est. Durant la nuit, Villeneuve décide de former sa flotte sur une ligne et de se préparer au combat.

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La bataille


Les deux colonnes britanniques (en rouge) cassent la colonne ennemie à angle droit.La victoire de l'amiral Nelson tient à une man½uvre géniale, consistant en un renversement de la tactique habituelle de combat en mer. Au XVIIIe siècle, lorsque deux flottes s'affrontaient, elles se disposaient en deux longues files perpendiculaires au vent (d'où le terme de vaisseau de ligne), et naviguaient l'une vers l'autre. Elles remontaient toutes deux lentement le vent et en se croisant, elles se canonnaient. Les deux flottes faisaient généralement demi-tour pour un deuxième passage face à face. La victoire tenait surtout au nombre de canons disponibles, à la rapidité de man½uvre des équipages et à la coordination entre les différentes unités de la flotte.

À Trafalgar, Nelson se trouvait face à deux flottes hétérogènes et qui n'avaient jamais navigué ou combattu ensemble. Leur ordre de bataille était approximatif. Il décida alors, se trouvant en infériorité numérique, de bousculer les habitudes. Au lieu d'orienter sa flotte perpendiculairement au vent, il la place vent arrière, ce qui lui donne beaucoup de vitesse (rendant aussi les coups au but plus difficiles), et dispose ses navires sur deux files côte à côte. Ces deux files forment une épée qui transperce la flotte Franco-Espagnole à angle droit en son milieu; celle-ci est alors coupée en deux et incapable de réagir. Après avoir durement touché l'adversaire, la flotte de Nelson fait demi-tour et revient faire un second passage dans la ligne désorganisée des Franco-Espagnols.

La défaite est totale, les Français et les Espagnols perdent 22 navires, 4400 marins tués ou noyés, 2500 blessés et plus de 7000 prisonniers.

Cette défaite maritime conduira Napoléon Bonaparte à recentrer ses efforts sur l'Europe continentale.

# Posté le samedi 03 juin 2006 05:49

Louis-Charles-Antoine Desaix: Général de Napoléon

Louis-Charles-Antoine Desaix: Général de Napoléon
Appelé de l'Egypte par Bonaparte pour prendre sa part de gloire dans la campagne d'Italie, Desaix se hâta de se rendre à l'invitation de son général, et arriva peu de jours avant la bataille de Marengo, où il commanda la réserve, le 25 prairial an VIII.

Déjà les ailes de l'armée française étaient tournées et sa cavalerie enfoncée, lorsque Desaix accourut, et chargea les Autrichiens avec une vigueur qui détermina le succès. Ce fut dans cette charge qu'il reçut un coup mortel, et il n'eut que le temps de proférer ces mots : « Allez dire au premier consul que je meurs avec le regret de n'avoir pas assez fait pour la postérité ». A peine revenu à Paris, Bonaparte s'occupa de faire rendre des honneurs à son illustre général .

Tous les autres corps de l'Etat s'empressèrent d'exprimer leur douleur sur la mort de Desaix ; il y eut une séance du tribunat uniquement consacrée à la mémoire de ce brave général. Tous les membres se réunirent revêtus de leur grand costume et portant le deuil ; un sarcophage, décoré de trophées, fut élevé au milieu de l'enceinte ; on lisait sur ses deux faces principales :

Puis le président se leva, et rappela tous les souvenirs de la vie du guerrier dont on déplorait la perte. Nous empruntons à cette oraison funèbre les principaux renseignements biographiques sur Desaix.

Louis-Charles-Antoine Desaix de Voygoux, né de parents nobles, à Saint-Hilaire-d'Ayat, en Auvergne, au mois d'août 1768, venait d'achever ses études à l'école militaire d'Effiat, quoiqu'à peine âgé de quinze ans, quand il entra en qualité de sous-lieutenant dans le régiment de Bretagne, où il se fit remarquer par un caractère grave et studieux.

Lorsque les guerres de la révolution éclatèrent, il entra en campagne avec son régiment. Son zèle et son activité le firent bientôt distinguer par les généraux Victor Broglie et Custines, qui lui conférèrent les grades d'aide de camp et capitaine-adjoint à l'état-major. Ayant montré une rare bravoure et une grande présence d'esprit à la prise des lignes de Weissembourg, il fut nommé général de brigade.
Desaix exerça promptement une salutaire influence morale sur les soldats. Il leur donnait surtout l'exemple de la constance et de la bravoure ; aussi l'avaient-ils surnommé le guerrier sans peur et sans reproche.

Moreau, juste appréciateur du mérite militaire, le nomma général de division dans l'armée du Rhin et Moselle ; Desaix eut la plus grande part aux victoires de cette brillante campagne de l'an IV, qui a illustré le nom de Moreau.



Bonaparte s'associa Desaix pour son expédition d'Egypte. A la prise de Malte, à la bataille de Chebreïss, à celle des Pyramides, il développa de si grands talents et une si merveilleuse bravoure, que le général en chef lui fit solennellement présent d'un poignard d'un très beau travail et enrichi de diamants, sur lequel étaient gravés les noms des combats que nous venons de citer.

Mais de tous les témoignages d'estime qu'il reçut de Bonaparte, celui qui le flatta le plus, fut l'ordre d'aller faire la conquête de la Haute-Egypte, et d'y achever la destruction des Mamelucks : cette entreprise était périlleuse et difficile ; il l'exécuta avec courage et succès. Il livra divers combats à Sonaguy, à Thèbes, à Sienne, à Gosseys ; partout il fit triompher les armes de la république. Il fit plus, il sut gagner les coeur des habitants du pays qu'il avait soumis, et leur fit connaître, le premier, les bienfaits d'un gouvernement. Son administration fut telle, qu'elle lui valut, de la part des vaincus eux-mêmes, le glorieux titre de sultan-juste.

Il s'occupa aussi de rendre son administration utile aux arts et aux sciences, en procurant aux hommes éclairés chargés de reconnaître ce pays, non seulement tout ce qui dépendait de son autorité pour rendre leur voyage le plus sûr et le plus commode possible, mais encore tous les renseignements qu'il avait recueillis en recherchant lui-même, en homme instruit, les ruines et les monuments importants.

C'est dans ces circonstances que Desaix, rappelé par Kléber de la Haute-Egypte, signa par ses ordres, avec les Turcs et les Anglais, un traité en vertu duquel il s'embarqua pour revenir en Europe. A peine arrivé à Livourne, l'amiral anglais Keith déclara prisonnier, au mépris des conventions, le général français. L'amiral joignit l'insulte à la perfidie, en affectant de confondre Desaix avec les soldats qui l'accompagnaient. Desaix ne répondit à ces lâchetés que par ces mots : « Je ne vous demande rien que de me délivrer de votre présence ; faites, si vous le voulez, donner de la paille aux blessés qui sont avec moi. J'ai traité avec les Mamelucks, les Turcs, les Arabes du grand désert, les Ethiopiens, les Noirs de Darfour ; tous respectaient leur parole lorsqu'ils l'avaient donnée, et ils n'insultaient pas aux hommes dans le malheur. »

Délivré des mains de l'amiral Keith, Desaix rejoignit l'armée d'Italie, et, comme on l'a vu, ce fut pour mourir glorieusement à Marengo. Des monuments lui furent élevés à Paris, l'un sur la place Dauphine, et l'autre sur la place des Victoires, qui a été remplacé par la statue équestre de Louis XIV.
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# Posté le mercredi 31 mai 2006 12:42